02:06 PROJETS

Un nouveau Pavillon de la danse pour Genève

Le concours d’architecture organisé par la Ville de Genève pour reloger l’Association pour la danse contemporaine sur la place Charles-Sturm a été remporté par le jeune bureau lausannois ON architecture. La salle en forme de vague, regroupant une salle de spectacle de 200 places, un centre de documentation, des bureaux et un foyer devrait voir le jour d’ici à 2017.

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Formé en mars 2013 par deux amis diplômés de l’EPFL, le bureau lausannois ON architecture a d’ores et déjà six mandats en cours. Un succès rapide que les deux associés doivent avant tout à leur qualité de bons projeteurs. Auparavant en charge des concours et du développement de projets au sein de différents bureaux lausannois et genevois, Ubaldo Martella et Jean Camuzet ont pris le parti de lancer leur propre atelier au centre de la capitale vaudoise. Leur facilité à comprendre les tenants et aboutissants d’un programme et de les développer en suivant un fil conducteur conceptuel s’illustre particulièrement dans leur projet de Pavillon de la danse genevois destiné aux activités de l' Association pour la danse contemporaine (ADC) de la ville. Logée depuis 2004 à titre provisoire dans l’espace de la salle communale des Eaux-Vive qui devra retrouver prochainement son rôle d’équipement public de quartier, le besoin de l’ADC s’est alors reformulé dans un projet à court terme, plus léger, nommé «Pavillon de la danse». «Cet ouvrage est pensé comme une nouvelle étape pouvant évoluer vers le projet initial plus ambitieux, dont l’objectif reste la création d’une Maison de la danse. Le Pavillon de la danse permettra à l’ADC d’assurer, dans un premier temps, la continuité de sa programmation et contribuera par ailleurs à donner à l’ADC, mais aussi et surtout à la danse contemporaine, une meilleure visibilité dans la cité», explique la ville de Genève dans un communiqué.

Facilement accessible en transport public et situé dans le périmètre proche des autres lieux d’activité de l’ADC, notamment des studios de répétition, le site de la place Charles-Sturm dans le quartier des Tranchées s’est imposé pour la nouvelle construction. D’autant plus que la configuration particulière de cette esplanade arborisée dans un site historique, avec sa forme longitudinale, surplombant les quartiers de Villereuse et du Bourg-de-Four, telle une scène urbaine naturelle. Seule contrainte signalée par la ville de Genève : maintenir certains grands platanes ainsi que des Erables et des Ormes et garantir une implantation délicate et respectueuse du site naturel, notamment par le biais d’une construction légère, sans sous-sol, pouvant être déplacée et agrandie ultérieurement en un autre lieu. Le programme du concours d’architecture organisé par la Ville de Genève consistait en un lieu favorable à la création et la présentation de spectacles, mais également aux activités quotidiennes des salariés de l’ADC. Tout l’enjeu du projet réside dans le fait de «trouver le juste équilibre entre le pavillon, démontable, nomade – sa conception doit pouvoir, à terme, permettre sa reconstruction, définitive, sur un nouveau site, inconnu à ce jour – et la place Sturm, son contexte ? Jusqu’à quel point peut-on modifier l’emplacement actuel alors que dans un laps de temps de 5 à 10 ans, le pavillon sera démonté et que l’esplanade devra à nouveau vivre hors de sa présence ?», résume Thierry Baechtold, architecte urbaniste EPFL-SIA, président du jury. Parmi les soixante-cinq bureaux, issus de divers pays, l’équipe lausannoise ON architecture a remporté le 1er prix à l’’unanimité du jury. Baptisé Bombatwist, le projet de pavillon s'implante le long de la rue Charles-Sturm, permettant de préserver l’unité de la place, de respecter deux platanes majeurs et maintenir l’alignement principal des plantations existantes. Les trois grands ensembles programmatiques, autrement dit la salle de spectacle, les espaces de bureaux et les noyaux de services, s’organisent longitudinalement. L’entrée publique du Pavillon est située en face de l’accès piéton de la Place Charles-Sturm.

La vague des façades

«Nous pensons que le pavillon se devait d’être compact pour limiter l’occupation du sol tout en réunissant le plus de surfaces possible, répondant ainsi à la première problématique d’un bâtiment éphémère qui ne laissera pas de trace de son passage», explique Ubaldo Martella, architecte co-fondateur du bureau ON architecture. Au niveau de l’implantation, les deux architectes maintiennent les accès au site existants et définissent l’empreinte du bâtiment dans l’environnement naturel de la place Charles Sturm, à savoir la partie sud-ouest créant par la même occasion une séparation visuelle entre le parc et les infrastructures du service de la voirie. Au niveau de l’image, les architectes se sont inspirés du mouvement inhérent à la danse. «Nous souhaitions que le pavillon soit représentatif de son programme et de son caractère démontable, sans pour autant être démonstratif. Nos études nous on conduit à nous concentrer sur la poétique du mouvement issu d’une danse. Un mouvement est par définition une action éphémère en soit, tel un danseur occupant, lors d’un instant et de part ses gestes, l’espace d’une scène. Nous voulions que le Pavillon puisse exprimer cette poétique qui nous emmène directement à notre problématique à savoir comment exprimer un mouvement à travers une construction figée», développe les concepteurs du projet. Leur réponse ? La chronophotographie, à savoir une technique photographique qui permet de prendre une succession de vues à intervalle de temps fixé afin d'étudier le mouvement de l'objet photographié. Ainsi, le Pavillon de la Danse tel que les architectes l’ont imaginé est constitué d’une succession de cadres structurels représentant des intervalles réguliers qui permettront de décomposer le dessin d’un mouvement souhaité. Pour symboliser encore mieux la poétique d’une danse, les cadres ont subi de légères déformations afin que leur assemblage final illustre la vague fluide d’un pas de deux ou du bon d’un danseur qui se mue quelque part, entre ciel et terre.

Le système constructif jouant un rôle essentiel dans les projets éphémères, les architectes ont cherché le bon équilibre entre une réalisation simple, efficace, économique et élégante. Pour ce faire, le projet se compose d’une structure de cadre moisée en bois lamellé-collé. «Ce système d’assemblage permet un montage et un démontage aisé. L’entre-axe est de 60 cm entre chaque cadre, ce qui permet de réduire considérablement les hauteurs statiques et par conséquent également le poids des pièces, ce qui favorise notamment le transport et le montage des éléments. L’enveloppe thermique est garantie par des panneaux sandwichs isotropes préfabriqués. Ces panneaux sont fabriqués en usine est sont posés finis. Ils jouent également un rôle structurel dans le contreventement de la structure. L’enveloppe étanche est assurée par une toile synthétique opale permettant ainsi d’être l’élément de protection solaire et à la fois la couverture étanche», détaille Ubaldo Martella.

Les intervenants du projet

Maître d’ouvrage
La ville de Genève

Architecte
ON architecture Sàrl, Lausanne

Ingénieurs Civil
Etude et Atelier ingénieurs conseils Pedro Lourenço et Sébastien Corthay

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