L’Empa s’attaque à la corrosion pour mieux en maîtriser les effets
Mieux comprendre la dégradation du métal soumis aux intempéries permet d’intensifier les initiatives de recyclage des matériaux de construction, estiment les chercheurs de Dübendorf. Les tests menés notamment en pleine nature au-dessus de Neuchâtel le confirment.
Crédit image: Empa
Un environnement idéal : à Chaumont, dans le canton de Neuchâtel, la corrosion des métaux se déroule de manière quasi « naturelle». Les échantillons de métal exposés à l’air libre ne rouillent pratiquement pas ici – en comparaison internationale.
Malgré des progrès techniques substantiels pour l’éradiquer, la corrosion reste un fléau pour la construction métallique exposée aux intempéries. Le phénomène conduit les experts en matériaux du Laboratoire fédéral de recherches de Dübendorf (Empa) à proposer une gestion économique et durable du bâti. Ils entendent ainsi lutter contre le gaspillage de tonnes d’acier qui ne peuvent plus être réutilisées.
Crédit image: « Corrosion and Degradation / ICP Materials », Alice Moya Nunez
« Relâchés dans la nature » : échantillons de métal pour des expériences de corrosion à Stockholm.
Cette intensification des possibilités du recyclage d’éléments métalliques fait partie d’un programme européen comprenant 60 sites. Les premières expériences menées dans ce cadre ont conduit à une baisse significative du volume de la corrosion dans la construction.
Crédit image: Empa
Ulrik Hans, chercheur en corrosion, expose des échantillons de métal rouillé à un bain d'acide.
La Suisse fait figure de modèle, se réjouit l’Empa. Notamment dans l’analyse de la vitesse de la corrosion. Des échantillons métalliques standardisés ont été répandus dans la nature sur les hauteurs de la ville de Neuchâtel. Avec pour constat qu’ils se corrodent pratiquement sans influence néfaste de leur environnement. Seuls l’eau et l’oxygène agissent. La rouille apparaît donc selon une masse réduite de 30 g par m². D’autres sites, plus industriels, permettent de diminuer les parties affectées par la corrosion.
A la recherche de nouveaux polluants
Les
effets de ces expériences se font aussi sentir dans l’atmosphère, avec une réduction
de la teneur de dioxyde de soufre dans l’air ambiant. Le phénomène doit cependant
être mieux maîtrisé par la recherche scientifique, explique encore l’Empa. Il
faudra aussi identifier de nouveaux polluants et analyser leur impact sur les matériaux
polymères ou métalliques.
Saint-Gall
pour passer à la pratique
Pour l’Empa, ces tests doivent permettre d’avancer dans l’encouragement du réemploi
de matériaux de construction. Notamment dans l’entretien de biens culturels d’exception,
comme la cathédrale de Saint-Gall à la façade, la charpente et à la toiture
fortement corrodées. Le chantier
démarrera l’année prochaine.