15:11 BAROMETRE DU BATIMENT

Premier trimestre 2020 : la crise sanitaire débarque

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Le coronavirus a ébranlé le secteur du bâtiment suisse. Néanmoins, il y a des raisons d'espérer. Après une suspension temporaire de la publication des demandes de permis de construire en Suisse romande, ces dernières sont à nouveau publiées. Quant aux investisseurs, même s’ils restent vigilants, ils se montrent raisonnablement optimistes.

Premier trimestre 2020, baromètre du bâtiment

Crédit image: Jean-A. Luque

Le coronavirus a mis à l’arrêt un grand nombre de chantiers.

Le secteur de la construction et du second oeuvre en Suisse a subi un sérieux fléchissement. Au premier trimestre, le nombre de projets de construction a baissé de 9,5 % par rapport à l’année précédente. S’il affiche un recul de 5,9% par rapport au trimestre précédent, force est de constater qu’il reste à un niveau comparable des deuxième et troisième trimestres 2019. Pour leur part, les demandes de permis de construire ont légèrement augmenté de 0,2 %. Par rapport au premier trimestre 2019, le segment des immeubles de rendement résidentiels a enregistré une baisse globale de 11,6 %. Cette évolution doit cependant être pondérée par le fait que les années précédentes étaient des années record. Comme l’indiquent les dernières données de Docu Media Suisse Sàrl, les résultats sont moins dramatiques en comparaison décennale : -3,7 %. Dans le domaine des PPE, les nouvelles constructions et rénovations ont également reculé par rapport au trimestre correspondant de l’année dernière (respectivement -11,4 % et -12,0 %).

Pression sur les rendements

La demande en logements locatifs devrait être sensiblement perturbée cette année. Selon la société de conseil Wüest Partner, moins de ménages sont susceptibles de s’installer ou de déménager en raison des suppressions de postes de travail et plus largement des incertitudes sur l’emploi. En 2018, dans un contexte de plein emploi et de salaires en légère hausse, la moitié des locations réalisées concernaient des personnes seules. En 2020, la demande devrait s’atténuer également en raison du régime frontalier actuel qui a littéralement stoppé l’immigration internationale. Dans l’ensemble, les spécialistes de l’immobilier s’attendent à une pression accrue sur les loyers et les rendements de la construction résidentielle, ainsi qu’à une hausse des logements vacants. A moyen et long terme, Wüest Partner parie toutefois sur un effet

de rattrapage. La part de valeur du segment des immeubles plurifamiliaux pour le premier trimestre démontre toujours l’importance des immeubles de rendement résidentiels. Au cours des dix dernières années, cette part n’a cessé d’augmenter pour passer de 63,0 % (2011) à 76,0 % au premier trimestre 2020.

Financement toujours favorable

La baisse attendue des revenus en 2020 devrait certes affecter la demande de logements en propriété, mais les conditions de financement restent favorables et encouragent l’accession à la propriété. Avoir son propre logement en tant que valeur refuge pourrait stimuler le désir de devenir propriétaire.

Offre en baisse pour la propriété

Cependant, Wüest Partner juge que des fluctuations de prix négatives se manifesteront probablement dans le courant de l’année. La société de conseil estime qu’en raison de la dégradation des conditions-cadres macroéconomiques et de la baisse de la construction de logements pour le marché de la propriété, l’offre devrait également diminuer, si bien que les reculs des prix pourraient rester raisonnables.

Hausse des nouvelles constructions

Par rapport au même trimestre de l’année précédente, les travaux planifiés concernant les maisons individuelles ont augmenté de 0,7 % selon les chiffres de Docu Media Suisse Sàrl. Le segment devrait connaître  une hausse plus marquée pour les nouvelles constructions (+1,9 %) ; en revanche les investissements pour les transformations ont légèrement baissé (-0,7 %). Les incertitudes sur le marché immobilier touchent moins le segment des maisons individuelles. Selon Wüest Partner, il est en général moins volatil que celui des logements locatifs ou des appartements en PPE. Face aux influences conjoncturelles, les objets de taille moyenne affichent des prix plus stables que les maisons du segment supérieur. En analysant les mises à l’enquête soumises au premier trimestre, près de 44 % des investissements concernant des maisons individuelles seront consacrés à des travaux d’assainissement. Pour le segment des immeubles collectifs, la part des transformations se situe aux alentours de 19 %. La construction de logements est de loin le secteur le plus important du bâtiment. Au premier trimestre, elle représentait à elle seule trois quarts des fonds consacrés à des projets de construction !

La construction de bureaux en fort redressement

Au cours des trois premiers mois de l’année, la construction de bureaux a affiché une évolution positive. Par rapport au même trimestre de l’année précédente, les investissements planifiés dans ce secteur sont en progression fulgurante : 58,9 %. Le dernier trimestre 2019 avait déjà enregistré une nette augmentation (+53,4 %). Un net redressement qui contraste avec l’année dernière qui enregistrait des valeurs trimestrielles majoritairement négatives. Ces deux dernières années, de très nombreuses surfaces inoccupées ont été reconverties, avec pour conséquence, dans les principaux pôles économiques du pays, qu’en raison de la faible offre les loyers étaient en augmentation.