Patrimoine: Genève protège son emblématique Collège Voltaire
Inscrit à l’inventaire des bâtiments dignes de
protection, le Collège Voltaire est un édifice symbolique qui témoigne à la
fois de l’histoire scolaire genevoise et des transformations architecturales du
XXᵉ siècle. Sa conservation vise à préserver ses qualités patrimoniales tout en
assurant la continuité de sa mission éducative au sein de l’enseignement
public.
Crédit image: Office du patrimoine et des sites, Deborah Chevalier, 2024.
Le Collège Voltaire à Genève figure désormais à l’inventaire cantonal des bâtiments dignes de protection.
Reconnu pour sa valeur historique et architecturale,
l’édifice construit entre 1912 et 1914 par les architectes Georges Peloux et
Maxime de Rham – l’ancienne Ecole supérieure de jeunes filles, aujourd’hui
Collège Voltaire – constitue un repère majeur du front sud de la rue Voltaire
et un témoin emblématique de l’histoire scolaire genevoise. Pensé dès l’origine
comme un établissement d’enseignement moderne pour son époque, le bâtiment
incarne l’ambition de l’Etat de doter Genève d’infrastructures éducatives durables,
fonctionnelles et représentatives de l’importance accordée à la formation des
jeunes générations. A la suite d’un incendie, le dernier étage fut reconstruit
en 1970 par l’architecte Jean-Pierre Dom, qui réalisa également
l’agrandissement méridional, afin de répondre à l’évolution des besoins
pédagogiques et à l’augmentation des effectifs scolaires. A noter que ces
parties ne sont pas visées par la mesure de protection.
Façonné par l’évolution des styles
De composition monumentale, l’édifice associe plusieurs volumes, avec deux
corps massés au nord et un long corps rectangulaire au sud, le long de la rue
de l’Encyclopédie. Elevé sur quatre niveaux, puis cinq après 1970, il est
dominé par une toiture à croupes et flèche de cuivre. Les façades présentent
une expression accompagnée d’une ornementation soignée, tandis que les cages
d’escalier de la façade méridionale, marquées par leurs lignes diagonales,
renforcent le dynamisme de la composition. Malgré la surélévation et l’adjonction
d’un porche dans les années 1970, l’édifice a conservé une large part de sa
substance architecturale d’origine, notamment les huisseries en bois, la porte
d’entrée en plein cintre et l’horloge donnant sur la rue Voltaire. Par son
envergure, la qualité de sa construction et son style de transition entre
Heimatstil et classicisme, il témoigne du mouvement de «retour à l’ordre»
qui, dès 1910, marque à Genève la fin des expérimentations de l’Art nouveau.
Deux objectifs
L’inscription à l’inventaire du Collège Voltaire s’inscrit ainsi dans une
double perspective: préserver un ensemble architectural de grande valeur et
reconnaître un lieu majeur de l’histoire de l’enseignement public genevois.
Elle traduit la volonté conjointe du département du territoire et du
département de l’instruction publique, de la formation et de la jeunesse de
concilier la conservation du patrimoine bâti et la pérennité de la mission
éducative, en garantissant aux élèves et au corps enseignant un cadre
d’apprentissage de qualité, porteur de sens et de mémoire collective.