Neuchâtel ouvre un dépôt dédié au réemploi d’éléments patrimoniaux
Le canton créera prochainement un dépôt dans le Val-de-Travers pour préserver, centraliser et réemployer des éléments architecturaux menacés de disparition. Il constituera ainsi une réserve de matériaux durables pour les futurs chantiers de réhabilitation en s’inspirant du modèle bernois.
Crédit image: Office cantonal neuchâtelois du patrimoine et d'archéologie
Le projet encouragera un cycle de vie vertueux des éléments patrimoniaux.
Dès le mois prochain, l’Office cantonal du patrimoine bâti et immatériel (OCPI) du canton de Neuchâtel occupera à Couvet un entrepôt de l'Etat, en vue d’accueillir des pièces de réemploi de valeur patrimoniale. Ces éléments, tels que portes, fenêtres, boiseries ou éléments architecturaux, qui n'ont pas vocation à intégrer les collections muséales, risquaient jusqu'alors d'être détruits lors de démolitions. Cette initiative répond simultanément aux questions de sauvetage d’éléments patrimoniaux menacés, de documentation et sensibilisation du patrimoine bâti mais aussi de réemploi, tout en s’inscrivant pleinement dans les préoccupations actuelles de durabilité sociale, écologique et économique.
Un
projet en deux étapes
Dans un premier temps, le dépôt permettra de regrouper en un seul emplacement
des pièces sauvées de la démolition depuis des décennies. Il contribuera ainsi
à la rationalisation en cours des surfaces occupées par l’Etat et plus
généralement aux objectifs de durabilité du programme de législature du Conseil
d'Etat.
La seconde phase envisagée permettra de constituer une réserve de matériaux de réemploi, fondamentale pour l’activité de construction cantonale dans le domaine du patrimoine bâti. Cette approche s'inspire de l’expérience pionnière en la matière développée par le canton de Berne, qui démontre la faisabilité et la nécessité d’un tel dépôt pour un cycle de vie vertueux des éléments patrimoniaux.
Redonner
vie aux matériaux
Cette démarche offre d’une part, des éléments ayant encore une durée de vie
appréciable et sauvés de la démolition, et d’autre part, une opportunité de réemploi
dans les projets patrimoniaux actuels et futurs. Par exemple, il sera ainsi
possible de préserver les anciens poêles en faïence si caractéristiques du
canton. Elle permet d'éviter les coûts de reproduction à l’identique d’éléments
architecturaux manquants, tout en réduisant le bilan carbone cantonal grâce à
une deuxième vie donnée à des éléments de bonne facture.