Un site préhistorique bernois protégé de l’activité des castors
Les cantons de Berne et de Soleure ont protégé l’île du lac d’Inkwil, menacée par les constructions de castors. Ce site naturel et archéologique abrite des vestiges préhistoriques précieux datant du Néolithique et de l’Age du bronze. Les travaux entamés en octobre 2025 se sont achevés en décembre dernier.
Crédit image: Service archéologique du canton de Berne, Daniel Steffen.
Le défrichement a été réalisé à l’aide d’un hélicoptère et les sous-bois nettoyés en vue des mesures de protection sur l’île.
Comme prévu, les travaux menés sur le lac d’Inkwil, entre Berne et Soleure se sont achevés début décembre 2025. La grande île et le fond du lac qui l’entoure ont été recouverts d’un grillage anti-rongeurs, de gravier et d’un mélange de broyat et de terre. Le site archéologique inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco est ainsi préservé pour les prochaines générations et protégé de l’activité des castors. Ces mesures de protection sont financées par les deux cantons concernés à hauteur de 300'000 francs chacun et par la Confédération à hauteur de 200'000 francs.
Faune
et flore revalorisées
Parallèlement à la préservation de ce site, il était essentiel de veiller à la
protection de la nature, en particulier celle du castor et de son site de
reproduction. Après les travaux, le stock de bois mort qui jonchait le fond du
lac près des rives a été remis en place, pour servir de biotope et de refuge
pour poissons, oiseaux et autres petits animaux. De plus, des tas de branchages
ont été constitués sur l’île. Quant aux troncs des arbres restants, ils ont été
soigneusement protégés par du grillage anti-rongeurs afin que les oiseaux
puissent continuer à y nicher. L’habitat provisoire des castors, créé
artificiellement sur la petite île, sera démantelé à la fin de la période de
reproduction des oiseaux. Les castors disposent déjà de terriers à d’autres
endroits.
Crédit image: Service archéologique du canton de Berne, Johannes Reich.
Après le défrichement, les galeries effondrées et les criques creusées dans les berges étaient bien visibles. Elles ont ensuite été comblées à l’aide de gravier et d’un mélange de broyat et de terre.
Les deux cantons ont en outre élaboré un concept de suivi, qui inclut le contrôle régulier du grillage anti-rongeurs et la végétalisation durable de l’île. Cette dernière doit permettre de prévenir la propagation de néophytes. Un premier monitoring mené en collaboration avec divers services spécialisés du canton est prévu à l’été 2026.
Des
travaux complexes
De sa planification à sa réalisation, l’opération s’est révélée délicate et
complexe. Les membres de l’équipe de plongée du Service archéologique du canton
de Berne ont testé la pose du grillage dans l’eau avant que les travaux ne
débutent début octobre 2025. Dans une première étape, les sous-bois ont été
éclaircis et les arbres malades ou non adaptés au site, abattus. Enfin, les
ouvrages construits par les castors ont été démantelés, leurs galeries bouchées
par un mélange de broyat et de terre ; les berges ont été égalisées et les
criques créées par l’activité des castors ont été comblées.
Crédit image: Service archéologique du canton de Berne, Johannes Reich.
Une première couche de grillage anti-rongeurs a été placé sur la berge aplanie. Les plongeurs en ont ensuite posé d’autres sur le fond du lac.
Sous l’eau, les membres de l’équipe de plongée ont déroulé cinq bandes de grillage anti-rongeurs sur le fond du lac. Sur l’île, des ouvriers se sont chargés de protéger le sol avec des treillis. Ces derniers ont été disposés de sorte que les bandes se chevauchent, puis assemblés et recouverts d’une couche de protection. Il s’agit en effet d’éviter que des animaux restent piégés ou se blessent dans le grillage. Au niveau des rives, un filet de jute préserve en outre cette couverture de l’érosion.
Située à la frontière entre les cantons de Berne et de Soleure, la grande île du lac d’Inkwil est un site archéologique connu et protégé de longue date. Comptant parmi les « Sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes », une série inscrite au patrimoine de l’Unesco, elle revêt une importance internationale et fait l’objet d’une protection stricte. La zone protégée comprend l’île et le fond du lac qui l’entoure et où se trouvent des vestiges d’habitat bien conservés datant du Néolithique et de l’Age du Bronze (3800-850 av. J.-C.).