Le Jura s’oppose à un Mont-Terri exclusivement radioactif
Pas question de confier la gestion de ce laboratoire expérimental au seul milieu du nucléaire, affirment les ministres jurassiens. Le site réunissant 22 organisations de chercheurs doit faire preuve d’indépendance et de neutralité. Il en va de sa crédibilité, affirme le canton.
Crédit image: Swisstopo
Creusé par étapes successives sous la montagne, le laboratoire mène aussi des recherches dans le domaine du stockage du dioxyde de carbone.
A peine entré en fonctions, le nouveau gouvernement jurassien montre les crocs pour réaffirmer son credo dans l’avenir de la gestion du Laboratoire expérimental du Mont-Terri. Swisstopo ayant manifesté son intention de confier le site à la seule Société coopérative nationale pour le stockage des déchets radioactifs (Nagra), les ministres jurassiens réaffirment que la neutralité et l’indépendance sont des conditions non-négociables pour l’exploitation des programmes de recherche qui y sont menés. Ils ne veulent pas que la Nagra soit seule aux commandes.
Le
stockage radiographié
Le site est occupé depuis plus de 30 ans. Il a été progressivement aménagé pour
devenir un incubateur de recherche scientifique dans le domaine du nucléaire et
du stockage du dioxyde de carbone. Pas moins de 22 organisations réparties dans
dix pays y mènent leurs propres expériences. Mais le caractère sensible de ce
qui s’y mène invite le gouvernement jurassien, autorité qui délivre l’autorisation
d’exploiter, à une très grande vigilance.
Le
nucléaire trop puissant
Confier la gestion opérationnelle du site à la seule Nagra ne séduit pas les
ministres jurassiens. Ceux-ci redoutent la suppression d’une commission de
suivi des activités, assurée actuellement par des experts indépendants. La
Nagra est trop impliquée dans l’univers du nucléaire pour être totalement digne
de confiance, rappellent-ils dans un communiqué. Les ministres veulent d’autres
pistes pour poursuivre les activités de ce Laboratoire souterrain.
Le canton souhaite en particulier que d’autres offices fédéraux plus proches des tests pratiqués au Mont-Terri soient en partenariat avec la direction opérationnelle du site. Les Ecoles polytechniques pourraient aussi avoir leur mot à dire. Il va prendre les contacts nécessaires.