Les exosquelettes ont encore du mal à s’imposer sur les chantiers
Malgré des parcs de machines modernes, le travail sur les chantiers implique encore beaucoup de levage, de port de charges et d’activités en position penchée. Les exosquelettes pourraient réduire cette charge physique. Essai et tentative d’utilisation chez le fabricant suisse Auxivo.
Crédit image: màd, Hilti
Pour les travaux physiquement très exigeants, comme le burinage à l’horizontale, les exosquelettes actifs offrent un soutien. Contrairement aux modèles passifs, ils disposent d’un moteur électrique ou pneumatique et d’un contrôle automatisé.
Ça a été très rapide, même pas 30 secondes, me félicite le spécialiste des exosquelettes Stefan Graf. Et pourtant, vous avez enfilé le soutien dorsal tout seul dès la première fois. » Le début de ma petite expérience personnelle au siège d’Auxivo, à Schwerzenbach (ZH), est donc réussi. Les conseils de Stefan Graf – fermer d’abord les deux boucles supérieures du « Lift Suit », puis celles des cuisses – se sont révélés décisifs pour démêler l’enchevêtrement de sangles, boucles et bandes auquel j’étais confronté.
Deuxième étape : un test de levage. Il s’agit de soulever du sol une boîte en plastique grise remplie de lourds récipients remplis d’eau. Et voilà que la charge de six kilos semble légère comme une plume ; mieux, au moment de me redresser, j’ai plutôt la sensation qu’une force cachée derrière le dos me tire vers le haut avec élan. Une fois debout, en revanche, la boîte en plastique retrouve le poids que l’on s’attend normalement à ressentir.
« Avec ce modèle, il s’agit d’apporter un soulagement ciblé pour le dos, explique l’expert. Dès qu’on se penche vers l’avant ou vers le bas, la charge sur les muscles du dos et des hanches augmente – ne serait-ce qu’à cause du poids de son propre corps. » Cette contrainte, due à la gravité, est justement celle que l’exosquelette permet de réduire.
Charge
au crochet
Les différentes parties textiles de l’exosquelette, qui enveloppent le dos et
les hanches, agissent comme une série de muscles artificiels soutenant la
musculature dorsale de l’extérieur, grâce à deux larges bandes élastiques.
« Lorsque l’on se penche vers l’avant, les bandes s’étirent et emmagasinent ainsi de l’énergie élastique, poursuit Stefan Graf. Et lorsqu’on se redresse, cette énergie est à nouveau libérée. » Cela se produit sous forme de force de traction – l’effet d’élan décrit précédemment. Selon les indications du fabricant, le « Lift Suit » permet de réduire la charge musculaire moyenne jusqu’à 33 % et la fatigue musculaire moyenne jusqu’à 44 %.
Dans les tailles S et M, l’exosquelette ne pèse par ailleurs que 900 grammes. Il est confortable à porter et ne dépasse pas du corps.
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