15:31 PROJETS

Alto Pont-Rouge, un phare au sein du centre d’affaires de Genève

Teaserbild-Quelle: Jean-A. Luque

Gotham City, c’est le surnom du business district minéral qui vient d’émerger à la hauteur de l’arrêt Lancy Pont-Rouge du Léman Express. Ce pôle d’affaires excentré, mais parfaitement connecté, attire quantité de sociétés et entreprises. Pour séduire les plus prestigieuses d’entre elles, un tout nouveau bâtiment est sur le point d’être inauguré: Alto Pont-Rouge. Ce complexe, dernier-né de Swiss Prime Site Immobilien, vise une clientèle premium. Ses atouts notamment en matière de durabilité, confort et organisation spatiale ne manquent pas d’attrait.

Alto Pont-Rouge 1

Crédit image: Photodorne.pro, Pedro Gutiérrez

Le complexe dispose de 28 000 m² d’espaces de travail et d’activités commerciales. Il se compose de plusieurs socles, agrémentés de terrasses-jardins.

Comme toute nouvelle liaison ferroviaire, le Léman Express a provoqué d’importantes retombées le long de son tracé. Avec la création d’un arrêt, face aux actuels Ports-Francs, le site de Lancy Pont-Rouge s’est développé de manière spectaculaire en pôle d’affaires. Un business district aux allures de Gotham City. Les premiers bâtiments ont été livrés fin 2018 et hébergent entre autres Crédit Agricole Next Bank, Regus, Swisscom, KPMG, Cargill, Ecole club Migros, Realstone Group, Socofigest… Que du beau monde.

Prime Tower romande
Mais aujourd’hui tous les regards sont fixés sur l’élégant édifice qui ouvrira officiellement ses portes le 3 juillet et va indubitablement marquer de son empreinte le nouveau quartier. Il s’agit du complexe Alto Pont-Rouge, dernier-né de Swiss Prime Site Immobilien (SPSI). Toutes proportions gardées, le maître d’ouvrage veut en faire le pendant romand de sa prestigieuse tour zurichoise, la Prime Tower.

Alto Pont-Rouge 3

Crédit image: Jean-A. Luque

Alto Pont-Rouge se distingue par sa géométrie variable, ses ruptures et ses deux tours sommitales de 13 et 15 étages.

Le bâtiment destiné à la location dispose de 28 000 m² d’espaces de travail et d’activités commerciales. Le complexe se compose de plusieurs socles et espaces de différentes hauteurs, agrémentés de terrasses-jardins. Et la structure s’affine au fur et à mesure qu’elle prend de la hauteur pour culminer avec deux tours de 13 et 15 étages. Le projet est le fruit de l’imagination de brodbeck roulet architectes associés qui accompagne SPSI depuis 2018 pour sa construction phare.

L’accès principal promet d’époustoufler les visiteurs en s’ouvrant sur d’amples volumes d’environ 10 m de haut sur 10 m de large. Un grand escalier agrémenté d’escalators mène directement au desk d’accueil niché dans un atrium de toute beauté, mariant effets lumineux et lumière naturelle grâce à une verrière… 17 m plus haut. Un contraste marqué avec le quartier qui se caractérise par sa minéralité.

«Nous distinguer tout en étant parfaitement intégré au business district a été une de nos volontés fortes, affirme Jorge Guillen, architecte du projet. Le quartier a une image forte, mais nous voulions nous y inscrire avec une identité propre. Pour cela nous avons fait le pari d’une plus grande amplitude des espaces vitrés sur une double hauteur pour apporter de la lumière naturelle. Et à l’intérieur, en opposition à l’univers extérieur empreint de matérialité minérale et monolithique, nous avons privilégié des couleurs plus chaudes, du calcaire beige, du bronze, du terrazzo et des touches boisées avec les parquets. Afin de contraster avec le langage orthogonal du quartier, nous avons joué avec des formes organiques, des espaces arrondis, chanfreinés.»

Un coeur qui bat
L’atrium en est l’exemple le plus abouti. Bercé d'un éclairage savamment étudié, ce volume ouvert sur quatre étages se veut le cœur du complexe, le lieu de toutes les rencontres et synergies, un espace vivant et animé. Le desk est avenant, mais surtout l’espace fortement et luxueusement aménagé invite à flâner, discuter. Autour de nombreuses activités sont dispatchées: centre de conférence, salles de réunion, fitness, commerces à portée de main au rez-de-chaussée. Ce hub aux allures de lobby cinq étoiles dirige également les visiteurs vers les ascenseurs et divers niveaux.

Alto Pont-Rouge 4

Crédit image: Jean-A. Luque

Par rapport aux autres bâtiments du quartier, le nouvel édifice présente des espaces vitrés sur une double hauteur. Un apport de lumière naturelle modulé par des verres électrochromes.

Avec sa géométrie variable, ses ruptures, ses deux tours sommitales, Alto peut se permettre de proposer trois belles terrasses aux 4e, 6e et 10e étages. La plus basse qui donne sur la voie ferrée n’est pas ouverte au public pour des questions de sécurité, mais les deux autres – respectivement 350 m² et 700 m² - sont de vrais havres de paix, des oasis de nature au milieu de la cité. «Ces jardins suspendus sont un des points forts de notre projet, assure l’architecte. Ce sont des espaces végétalisés, avec des sujets de 1,5 – 2,5 m appelés à se développer, qui offrent une topographie vallonnée avec des buttes artificielles. Notre pari est d’envelopper les usagers dans un cordon végétal. Ici, il n’y a pas de garde-corps vitrés, mais une terrasse ceinturée par du paysager. Cela n’a pas d’intérêt de voir des trottoirs ou de savoir ce qu’il se passe au pied de l’immeuble. Nous voulons orienter le regard vers le grand paysage, le jet d’eau, le Salève…»

On le constate l’environnement du bâtiment se veut cosy et convivial. Les espaces de travail le sont eux aussi, à la pointe de la modernité. «Il est important aujourd’hui de pouvoir offrir des espaces locatifs de plus en plus modulaires, explique Jorge Guillen. Nos grands plateaux offrent jusqu’à 2800 m² de surfaces et nous n’avons presque pas de porteurs à l’intérieur. Ils sont bien sûr adaptables grâce à des cloisons et la surface locative s’affine au fur et à mesure qu’on monte dans les étages. Au sommet de la tour nord, elle est de 450 m².»

Plus efficaces et moins chers
Matthieu Delacrétaz, membre du management de SPSI, est particulièrement heureux de son dernier-né: «Nous voulions nous différencier des autres immeubles du quartier et c’est réussi. Nous sommes très heureux de pouvoir proposer des espaces de standing supérieur. Alto est définitivement une référence, un emplacement premium. Comme le disait notre ancien CEO, notre complexe offre un facteur 4 par rapport à des surfaces de bureaux situées dans l’hypercentre. Ici, elles sont deux fois plus qualitatives en matière d’organisation spatiale, de normes architecturales, d’ascenseurs, de domotique. Et elles sont deux fois moins chères: 500 fr le m² contre 1000 à 1200 fr le m² à la rue du Rhône. Le calcul est vite fait, d’autant plus que Pont-Rouge est extrêmement bien connecté, que ce soit en train, bus ou tram.»

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Crédit image: Jean-A. Luque

Bercé d'un éclairage savamment étudié, l’atrium se veut le cœur du complexe, le lieu de toutes les rencontres et synergies, un espace vivant et animé. Avec ses allures de lobby cinq étoiles, surmonté d’une verrière, il invite aux rencontres et synergies.

Autre point fort du projet: sa certification SNBS 2.0 (Standard Nachhaltiges Bauen Schweiz), un label helvétique reconnu à l’international. De nombreux audits, réalisés par Minergie, ont eu lieu au cours de toutes les étapes de la construction et ont étudié aussi bien la gestion des eaux que le choix des matériaux, les filières d’évacuation des déchets ou la proximité des entreprises engagées. SPSI vise le niveau Platinium, ce qui a notamment impliqué de ne pas chauffer le bâtiment pour que les chapes sèchent plus vite.

«Cet argument de la durabilité, ce n’est pas du green washing, insiste Matthieu Delacrétaz. Aujourd’hui, il extrêmement important aux yeux des locataires. Cela a un impact au niveau du confort et du bien-être dans les bureaux, mais également sur la performance énergétique, donc les charges. C’est un investissement rentable.»

Pour réaliser cet immeuble de verre et d'acier, SPSI a fait appel aux services d’une entreprise totale. Un choix assumé de longue date. «Nous sommes développeurs immobiliers, précise le maître d’ouvrage. Nous travaillons avec des architectes et mettons toute notre énergie à mettre au point le concept. Mais après – et c’est le cas sur tous nos projets – nous nous simplifions la vie et faisons appel à des spécialistes de la construction. Nous acceptons de perdre une certaine maîtrise, mais nous savons qu’une entreprise totale a de l’expérience et garantit les délais ainsi que les coûts. Nous travaillons depuis longtemps avec Implenia qui, depuis le temps, est plus un partenaire qu’un exécutant.»

Et c’est vrai que malgré toutes les difficultés du moment que ce soit l’irruption du Covid, la guerre en Ukraine, l’inflation ou les difficultés d’approvisionnement, l’entreprise totale a tenu ses engagements. «Mais cela n’a pas été facile, avoue Jonathan Blin, responsable du chantier chez Implenia. Cela fait plus de 15 ans que je travaille sur des chantiers compliqués et exigeants, mais là nous avons cravaché pendant deux ans et demi avec une intensité maximale. Nous avons bien anticipé les difficultés d’approvisionnement, mais même ainsi les délais de livraison étaient énormes, puis repoussés. Les incertitudes étaient permanentes, les plannings ambitieux.»

Pour faire face au mieux à ces impondérables, le Lean a été mis à contribution jusque dans ses derniers retranchements. Les travaux ont été passés en revue à maintes reprises. Alors même que le gros œuvre n’était pas fini, des étanchéités provisoires étaient posées et des équipes s’attaquaient déjà aux façades techniques. Jusqu’à 300 collaborateurs ont été employés simultanément sur le chantier.

A cela se sont ajoutées les exigences inhérentes à un chantier en bordure de voie CFF, donc soumis aux contraintes de l’Opam (Ordonnance sur la protection contre les accidents majeurs) sur l’architecture. Bien que désormais, il n’y ait plus de transport de chlore sur cet axe ferroviaire, les murs et fenêtres doivent résister aux explosions et 30 minutes au feu. Pas évident quand la façade est composée de verres électrochromes. Finalement, un verre a été développé spécialement pour ce projet et le marché helvétique.

Alto Pont-Rouge qui a coûté environ 300 millions de francs, terrain compris, peut héberger jusqu’à 2000 places de travail. Deux grandes banques, une étude d’avocats, le fournisseur d’espaces de coworking Westhive sont en phase d’installation. D’ici la fin de l’année, SPSI vise un taux de location de 80 %.

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