En sursis, le télésiège d’Evolène doit passer par la case rénovation
C’est l’opération de la dernière chance pour l’un des trois domaines d’altitude de la station valaisanne qui s’engage. Les installations montant à l’alpage de Chemeuille doivent être modernisées en urgence. La commune subordonne son soutien financier au verdict des urnes.
Crédit image: Evolène Région
Tous les équipements techniques – têtes de pylône, roues, poulies, câble - doivent être impérativement remplacés.
Perché au-dessus du village d’Evolène (VS), l’alpage de Chemeuille doit repenser ses équipements touristiques. Relié à la station par un télésiège, il doit pouvoir moderniser ses infrastructures pour jouer son rôle en faveur des randonneurs et des skieurs. Mais la société des remontées qui le dessert, à savoir Télé-Evolène SA, doit passer par une opération de sauvetage financier.
Un
projet pesant huit millions
Les électeurs de la commune trancheront ce nœud gordien en cette fin de mois.
Il est question que la collectivité apporte son soutien financier à des travaux
de modernisation du site, avec modernisation du télésiège actuel et un nouvel
espace touristique en altitude, avec un restaurant modernisé. En tout, ce sont
plus de 8 millions que la société locale des remontées mécaniques doit investir.
Or, elle est actuellement en situation de surendettement, et risque la faillite
à la fin de l’année si la commune ne fait pas un geste supplémentaire pour
soutenir ses activités.
Un
restaurant à assainir
Même redimensionnés, les travaux restent gigantesques. Il s’agira de moderniser
complètement le télésiège existant. Notamment les têtes de pylône, les trains
de poulies et le moteur. La modernisation des téléskis construits à Chemeuille
est aussi exigée par l’Office fédéral des transports. Du côté du restaurant,
des travaux d’isolation et de remplacement des fenêtres doivent améliorer l’efficacité
énergétique et le confort. La toiture doit enfin être refaite et les sanitaires
rénovés.
L’hiver
ne rapporte plus
Télé-Evolène a vu plus grand en élaborant un projet de nouvelle télécabine à la
place du télésiège pour booster la fréquentation de ce site, surtout en été. Soit
pour trois millions de plus. La société ne compte en effet plus trop sur l’hiver
et le ski pour rentabiliser l’exploitation de sa remontée. Les possibilités de
randonnées depuis Chemeuille sont nombreuses. Il est notamment possible de
faire l’ascension du Pic d’Artsinol, à 3000 m d’altitude, ou de rallier le
barrage de la Grande-Dixence par le col de la Meina.
Nombreuses
contraintes pour une télécabine
Le projet de nouvelle télécabine se heurte cependant plusieurs obstacles de
taille. Les parkings situés à la station inférieure du télésiège ne pourront
pas absorber toute la clientèle attendue. Deux associations de protection de la
nature sont déjà montées aux barricades pour combattre le projet. Le
financement pose aussi un sacré défi à la société exploitante. Enfin, la
capacité des téléskis au sommet est aussi jugée insuffisante. C’est pour cette
raison que la modernisation du télésiège est privilégiée, pour un montant de 8
millions de francs, restaurant compris.
Un
statut à maintenir
La commune reste consciente du dégât d’image dont elle souffrirait si Chemeuille
était privée de sa remontée mécanique, faute de soutien financier public. Notamment
pour les activités de randonnée et de parapente. Même si elle est riche de deux
autres remontrées mécaniques situées à La Forclaz et à Arolla, elle risque de devoir
revoir sa participation au Magic Pass en cas de refus de ses électeurs. Son soutien
au projet d’assainissement du télésiège et du restaurant passe par un
cautionnement de 1,8 million étalé jusqu’en 2028. Le maintien de Télé Evolène
passe par là.