Le canton de Neuchâtel veut renaturer la plage de La Tène
Le site de loisirs de l’est du lac de Neuchâtel, berceau d’une prestigieuse civilisation, est encore trop rocheux et bétonné. Le canton veut rendre les rives à la nature en démolissant plusieurs digues créées il y a des décennies. Ce qui n’est pas forcément du goût des riverains.
Crédit image: Philippe Chopard
Ces digues arrondies ont vécu. Elles seront remplacées par des remblais en gravier plus propices à la biodiversité.
Même si l’accès au lac reste libre sur le territoire cantonal neuchâtelois, les riverains accueillent avec un certain scepticisme un projet de renaturation des rives du lac à la hauteur de la plage de La Tène, à l’est de Neuchâtel, révèle Arcinfo. Les anciens murs de roche et de béton doivent en effet faire place à des espaces plus naturels, et certains propriétaires de chalets dans les environs en sont bien marris. Le projet est à l’enquête publique après avoir été présenté à la population il y a quelques jours.
Crédit image: Philippe Chopard
Cette roselière doit impérativement être mieux protégée.
Les murs de soutènement des rives du lac sont en effet d’un autre temps. Il s’agit de les démolir pour développer la biodiversité, notamment en protégeant une roselière. Mais le lieu est aussi d’une très haute valeur patrimoniale, puisqu’il constitue le berceau de l’habitat lacustre de l’Age du fer. Il recèle encore quelques vestiges celtiques de tout premier ordre.
Le
gravier à la place du béton
Le projet a une portée essentiellement hydrique. Il s’agit de renaturer un
espace long de 350 m entre un espace construit de petits chalets et une roselière.
Le site comporte également une plage accessible aux petits enfants, un
restaurant, et un camping. Le canton se
lance ainsi dans un vaste programme de revitalisation des eaux de son lac. A La
Tène, sa première intervention est divisée en quatre secteurs. Le premier
constitue à araser le mur construit entre les chalets et le lac, pour le
recouvrir d’un remblai de gravier. La rive du lac verra ainsi sa pente adoucie.
La roselière située à l’est va aussi être revitalisée après la démolition de
divers pontons utilisés par les propriétaires des chalets.
La revitalisation des eaux n’oublie pas la richesse archéologique du lieu. Les fouilles entreprises dès 1857 doivent pouvoir se poursuivre dans un espace protégé par un remblais de graviers. La plage changera de visage après la démolition des digues arrondies qui l’agrémente.
Les propriétaires de chalet seront ainsi privés de leur accès direct au lac, au nom de la préservation de la biodiversité. Un collecteur évaluant les eaux usées d’un quartier situé à proximité sera enfin curé. La circulation des eaux sera ainsi grandement améliorée, plaide le canton de Neuchâtel.