Le projet Eiger des Beaux-Arts de Berne passe en votation
Le Conseil‑exécutif bernois invite la population à accepter le 14 juin le crédit d’étude de 15,7 millions qui lancera la rénovation et la construction d’un nouveau bâtiment pour cette institution culturelle majeure de la capitale. Il s’agit de garantir son avenir.
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Cette institution culturelle majeure est appelée à être modernisée.
Le Musée des Beaux-Arts de Berne revêt une grande importance culturelle pour le canton. Depuis la création en 1849, il a constitué l’une des collections d’art les plus importantes de Suisse, notamment grâce à des œuvres majeures de l’artiste bernois Albert Anker. Mais son bâtiment a grand-besoin d’une rénovation et d’un agrandissement. Le peuple doit se prononcer le 14 juin.
Avec ses expositions, l’institution fait du canton un haut-lieu culturel et lui permet de rayonner au-delà des frontières cantonales. Cette institution apporte une grande valeur ajoutée pour la population, la formation et le tourisme. Elle s’est en outre fortement engagée en faveur de l’éducation et de la participation culturelles. Chaque année, le musée accueille une centaine de milliers de visiteurs, parmi lesquels figurent de nombreux élèves.
Importants
travaux requis
Les bâtiments du Musée des Beaux-Arts de Berne nécessitent d’importants travaux
de rénovation. Aussi bien le bâtiment historique de 1879, dénommé bâtiment
Stettler, que l’extension de 1983 sont en péril. Des manquements doivent être
comblés au niveau de la sécurité parasismique, des voies d’évacuation et de
l’accessibilité. Par ailleurs, des travaux de rénovation doivent être réalisés
de toute urgence au niveau de la technique du bâtiment et de la climatisation
et la protection des biens culturels doit être améliorée. La situation est
particulièrement critique pour l’extension construite en 1983 car le bâtiment
ne peut être exploité que jusqu’à fin 2030 pour des raisons de statique. Le
risque d’interruptions de l’exploitation, ce qui engendrerait des coûts élevés
et pourrait entacher la réputation du musée, doit être levé pour l’exploitation
du Musée des Beaux-Arts de Berne dans son ensemble.
La
combinaison rénovation–nouveau bâtiment est la meilleure option.
En sa qualité de maître d’ouvrage, la fondation du Musée des Beaux-Arts de
Berne a organisé un concours international d’architecture à l’issue duquel a été
retenu le projet « Eiger ». Ce dernier permettra de réaliser les améliorations
requises et d’offrir un avenir pérenne à l’institution. En plus des travaux de
rénovation, il prévoit la construction d’un bâtiment en grès pour remplacer le
bâtiment Stettler. Le nouveau bâtiment facile d’accès et relié au bâtiment
Stettler permettra de pérenniser l’exploitation du musée, de le rendre accessible
à un public encore plus large et d’optimiser la conservation des œuvres de la
collection. Une fois l’infrastructure technique rénovée, l’offre sera étendue
sans en modifier les coûts d’exploitation.
Appui
du Grand Conseil
Soumis au Grand Conseil lors la session d’automne dernier, le crédit d’étude de
15,7 millions de francs a été adopté par 91 voix contre 44 et 16 abstentions.
La fondation du Musée des Beaux-Arts de Berne est maître d’ouvrage du projet «
Eiger ». C’est elle qui assume la responsabilité financière. La subvention
cantonale affectée à la réalisation du projet sera également présentée au Grand
Conseil ultérieurement.
Projet
cependant jugé trop onéreux
Une minorité du Grand Conseil et le comité référendaire estiment que le projet
est trop onéreux et redoutent que le canton doive assumer des coûts
supplémentaires, d’autant que la ville de Berne ne participe pas au
financement. Si le crédit d’étude est refusé, le Musée des Beaux-Arts devra
élaborer un nouveau projet, entraînant des retards importants et des dépenses
accrues pour le canton, malgré l’intérêt culturel et touristique souligné par
le Conseil‑exécutif.
Le projet de rénovation du Musée des Beaux-Arts repose sur un partenariat public‑privé pour un coût total estimé à 147 millions de francs, dont 66 millions financés par le musée et des partenaires privés. La contribution cantonale est plafonnée à 81,057 millions, et tout dépassement devra être couvert par des fonds tiers ou des ajustements.