Martigny accueillera les détenus vaudois à titre temporaire
Le Valais réforme son dispositif carcéral, notamment à Crêtelongue. Cela passera aussi par la réhabilitation de la prison désaffectée de Martigny. Pour cela, l’Etat de Vaud, confronté à une surpopulation endémique, vole à son secours en finançant la rénovation de cet établissement.
Crédit image: Jean-A. Luque
La prison de Crêtelongue, près de Sierre, vient d’être modernisée. Mais sa capacité risque de ne plus répondre à la surpopulation carcérale.
Les besoins en places de détention varient selon les cantons et les époques. Quoi qu’il ne soit, le canton du Valais veut pouvoir disposer à terme de l’ancienne prison de Martigny, fermée il y a neuf ans. Et il compte sur l’Etat de Vaud pour transformer cet établissement avant de l’intégrer.
Placements
fribourgeois
Ce n’est pas la première fois que le gouvernement vaudois joue la solidarité
intercantonale pour remédier à une surpopulation carcérale endémique. Son plan
d’action présenté l’an dernier compte notamment sur la prison fribourgeoise de
Bellechasse – elle-même en cours d’agrandissement – pour ses propres détenus à
raison de 40 places. Avec le Valais, il vient de signer une convention pour
régler les détails de la réouverture de cette prison martigneraine, avant de la
céder au système d’organisation pénitentiaire valaisan dès l’été 2029.
Deux
ans de travaux
Devisés à 750'000 francs, les travaux de réhabilitation de la prison vont durer
plus de deux ans. Le Service pénitentiaire valaisan les conduira et son homologue
vaudois en assurera le financement. Les Vaudois pourront y incarcérer 20
détenus, sous leur propre régime, contre le paiement d’un loyer à l’Etat
valaisan. Ils assureront aussi l’encadrement carcéral en mettant du personnel à
disposition. La convention prévoit que cela sera l’Etat de Vaud qui en prendra
temporairement la direction. A la fin du mois de juin 2029, les Valaisans prendront
le relais en fonction de leurs propres besoins. Le bâtiment sera alors réaffecté
en conséquence.
Abriter des détenus d’autres cantons est une pratique courante. Celle-ci est dictée par différents impératifs, notamment de sécurité et de protection, mais aussi par manque de place. La remise en exploitation de la prison de Martigny étoffera un dispositif carcéral valaisan qui est en voie de réorganisation.