La soupe à la grimace pour achever l’autoroute dans le Haut-Valais
Malgré des améliorations dans les processus et la surveillance exercée par l’Office fédéral des routes, l’achèvement de l’autoroute A9 entre Sierre et Brigue reste exposé à des risques financiers et opérationnels. La réalisation du dernier tronçon demeure marquée par des retards et des défis techniques.
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Le tunnel de l'A9 à Eyholz près de Viège, doit encore subir d'ultimes tests avant son ouverture en juin.
Le Contrôle fédéral des finances (CDF) a passé au crible l'état d'avancement actuel de l'achèvement de l'A9 dans le Haut-Valais. Dans ce contexte, les développements positifs dans la coopération entre l'Office fédérale des routes (Ofrou) sont constatés, mais il est encore nécessaire d'agir tant au niveau de la poursuite de la haute surveillance que de la gestion des risques et des coûts.
Malgré une planification et une préparation détaillées, la construction du dernier tronçon de l’A9 reste sujette à des risques importants. Outre ses aspects environnementaux difficilement influençables, comme les inondations, la longue durée du projet et le volume important qui reste à réaliser, invitent à un contrôle réguliers et une vigilance accrue.
Le coût du tronçon de 31,8 km entre Sierre-Est et Viège-Est est estimé à 5,15 milliards de francs. Le dernier tronçon Sierre-Loèche-de-l'Est devrait être achevé d'ici 2037 et remis à l'OFROU. Il est long de 8,5 km et coûte 1,477 milliard de francs, le renchérissement futur n'étant pas pris en compte dans la planification des coûts.
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Le tunnel de Riedberg est l'un des points faibles du projet.
Il existe aussi des lacunes à cet égard en raison de l'absence d'évaluation financière des risques et de reporting: les informations sur l'état d'avancement de la mise en œuvre, l'efficacité et les répercussions financières faisaient défaut, selon les contrôleurs financiers de la Confédération. Néanmoins, le CDF évalue positivement l'évolution prévue vers une gestion des risques centralisée.
Une chaussée trop étroite
Contexte : la construction du tronçon de 30 km de l'A9 entre Brigue et Sierre a
été marquée par des pannes et des retards à répétition. Le tunnel du Riedberg
est un sujet de préoccupation, et la traversée de la forêt de Finges a
également dû être interrompue en raison d'oppositions formulées par des
organisations de protection de la nature. En
2022, le CDF a également examiné les causes possibles qui ont conduit à la
construction d'une chaussée trop étroite sur un tronçon de l'A9. La
recommandation qui en a résulté, visant à adapter l'assurance qualité aux
méthodes de construction numériques actuelles, a depuis été mise en œuvre.
Le Service cantonal valaisan des routes nationales (DNSB) réalise les tronçons manquants de l'A9 en tant que maître d'ouvrage. La Confédération prend en charge 96 % des coûts. L'OFROU assure la haute surveillance et le pilotage.