La tourbière des Ponts-de-Martel renaît pour bloquer le CO₂
La tourbière neuchâteloise du Marais-Rouge a été réhydratée sur 2,1 ha afin de stopper les émissions de CO₂ liées à son assèchement. Ce projet, porté par l’Etat de Neuchâtel avec le soutien de la Banque Cantonale Neuchâteloise, vise aussi à revaloriser la biodiversité sur un site très fragile.
Crédit image: Philippe Chopard
L’équilibre hydrique de la zone protégée et traversée par un sentier sur pontons a été rééquilibré.
Inscrit à l'inventaire fédéral des hauts-marais et sites de transition d'importance nationale, le site du Marais-Rouge, en aval de la vallée de La Sagne et des Ponts (NE) revit. Ses milieux très fragiles et humides ont été renforcés, notamment pour lutter contre leur assèchement provoqué par le réchauffement climatique. L’Etat a ainsi pu collaborer avec les responsables de la Maison de la Tourbière des Ponts-de-Martel, institution qui vise à attirer l’attention de tous sur ce milieu naturel menacé.
Faire
revenir les sphaignes
Il a donc fallu revitaliser les milieux humides pour favoriser la biodiversité
et de restaurer l'équilibre hydrique de la tourbière en la remettant en eau.
Les émissions de CO₂ liées au drainage et à l'assèchement de la tourbe
seront ainsi bloquées et à terme, avec la colonisation du milieu par les
sphaignes (mousses caractéristiques des tourbières), la fonction de puits de
carbone sera restaurée.
Palissades
de bois et digues en argile
Cette revitalisation du marais est le fruit d'un partenariat entre le
Département du développement territorial et de l'environnement (DDTE) et la
Banque Cantonale Neuchâteloise (BCN). Cette collaboration a permis d'augmenter
les surfaces de tourbière à régénérer pour l'année en cours. La construction de
deux palissades en bois et de deux digues en argile a permis de remettre en eau
une surface de 2,1 ha. Un trop-plein sous forme de batardeau permet de régler
finement le niveau et de restituer les eaux excédentaires dans le fossé
longeant le marais.
A travers un soutien significatif pour la réalisation de ces travaux, la BCN répond à son objectif de réaliser un projet de contribution environnementale régional. « Notre priorité reste clairement une réduction de nos émissions de CO₂ de fonctionnement, explique le directeur de la banque. La réalisation d'un plan de transition vers une économie bas carbone réaliste et ce projet du Marais-Rouge nous a permis de relocaliser notre contribution à un niveau régional ».
Cette collaboration exemplaire contribue à l'adaptation au changement climatique et restaure la biodiversité caractéristique de la Vallée de La Sagne et des Ponts-de-Martel. La revitalisation du Marais-Rouge s'inscrit dans la stratégie cantonale de revitalisation des hauts et bas-marais d'importance nationale débutée dans les années 1990, ainsi que dans le Plan climat cantonal.