Le Chilien Smiljan Radic Clarke remporte le Pritzker cette année
Le jury du plus prestigieux prix au monde a fait le choix de saluer le travail des matériaux bruts pour sublimer des merveilles comme le pavillon londonien de La Serpentine. Le lauréat voit ainsi récompensés les efforts d’authenticité et de création étalés sur trois décennies.
Crédit image: Prix Pritzker, Iwan Baan
Coque de verre reposant sur d’énormes pierres porteuses, le pavillon de La Serpentine de Londres module son éclairage naturel par ses matériaux.
L’imagination et le refus des formes reproductibles a toujours guidé le travail de Smiljan Radic Clarke, architecte chilien lauréat du Prix Pritzker cette année. Cette très haute distinction internationale, équivalente du prix Nobel en architecture, salue ainsi une carrière faite de projets inlassablement renouvelés. Chacun d’entre eux est donc vécu comme une expérience unique, basée aussi sur la convergence entre formes et pratiques sociales.
Le jury du Pritzker ne s’y est pas trompé. « Au travers d’un ensemble d’œuvres situes à la croisée de l’incertitude, de l’expérimentation matérielle et de la mémoire culturelle, Smiljan Radic Clarke privilégie la fragilité, affirme son laudatio. Ses bâtiments semblent temporaires, instables ou délibérément inachevés, mais ils offrent un abri structuré, optimiste, voire joyeux. »
Crédit image: Prix Pritzker, Cristobal Palma
La maison Pite a été conçue pour se protéger de forts vents dominants.
L’œuvre du lauréat est donc faite de démarches spécifiques à leurs sites. Le restaurant Mestizo, à Santiago du Chili, a été encastré dans le sol au lieu d’être construit par-dessus en 2006. Ou la maison Pite, toujours au Chili, orientée pour se protéger des vents dominants. L’architecte rend ainsi évident ce qui ne l’est pas. L’environnement bâti et la condition humaine se rencontrent.
Crédit image: Prix Pritzker, Iwan Baan
Le Teatro Regional del Bio-Bio sublime aussi son exposition à la lumière naturelle à Concepcion, au Chili.
Smiljan Radic Clarke emploie beaucoup le béton, la pierre, le bois ou le verre dans son travail. Il combine ces matériaux pour façonner le poids, la lumière, le son ou l’enceinte des bâtiments qu’il construit. C’est notamment le cas du pavillon londonien de La Serpentine, coque translucide reposée sur d’immenses pierres porteuses. Celui-ci filtre ainsi son éclairage naturel. C’est aussi le cas du Teatro regional del Bio-Bio de Concepcion, au Chili.
Crédit image: Prix Pritzker
Né au Chili de parents d’origines britannique et croate, le lauréat a le talent de rendre évident ce qui ne l’est pas.
Né à Santiago de parents originaire du Royaume-Uni et de Croatie, le lauréat est âgé de 60 ans. Il est considéré comme le maître du design moderne en architecture. Tout en affirmant son goût pour les matériaux bruts, conçus comme éléments créatifs. Il est ainsi le 55e lauréat du Prix Pritzker.