16:05 CHANTIER DU MOIS

Transparente, la tour Opale redessine l'horizon de Genève

Auteurs: Jean-A Luque
Teaserbild-Quelle: HRS Le Photographe

Impossible de la manquer. Avec sa vingtaine d’étages de verre et de métal, la tour Opale se dresse seule sur la nouvelle voie verte que trace la ligne du Léman Express. Tel un phare qui domine la nouvelle gare ferroviaire de Chêne-Bourg, elle redessine l’horizon de Genève. D’ici mi-mai, les premiers locataires vont prendre possession de leur appartement, de leurs bureaux ou de leur commerce. Et pourtant le coronavirus a frappé fort ici aussi ; le chantier a été mis à l’arrêt. Mais les ultimes travaux de second œuvre ont redémarré avec des consignes strictes de sécurité. L’ouvrage n’a pris que trois semaines de retard…


Tour Opale 1

Quelle: HRS Le Photographe

Elégante, fine et toute en verre, la tour Opale s’est élevée au rythme d’un étage tous les dix jours pour le gros oeuvre.

Ces mois de mars et d’avril ont été intenses, confie Alexandre Boireau, chef de projet général chez CFF Immobilier, le maître d’ouvrage de la tour Opale. Personne n’a jamais connu une crise sanitaire de cette envergure.

Le Conseil d’Etat genevois a ordonné l’arrêt de tous les chantiers.  « Nous avons tout stoppé dès le 20 mars. Et c’est normal, la sécurité et la santé des travailleurs et de nos collaborateurs est une priorité. Mais notre autre souci, c’est que fin avril les premiers occupants devaient emménager. Ils nous ont fait confiance, ont donné leur congé chez leur logeur et certains se retrouvaient sans toit ou local pour entreposer leurs meubles. » 

« Ces dernières semaines, il a donc fallu réorganiser la reprise du travail sous conditions strictes et trouver des solutions pour loger de manière provisoire nos locataires que ce soit dans des appartements meublés ou des Airbnb. Nous avons une responsabilité envers eux, nous ne pouvions pas les laisser dans une situation pareille. Et c’est pour eux que nous avons tout mis en œuvre pour redémarrer le chantier rapidement. »

Le travail a été stoppé une dizaine de jours et n’a repris, au ralenti, que le 2 avril. Le temps de mettre en place un dispositif avec une distanciation sociale clairement indiquée au sol à l’entrée du chantier ou dans les couloirs séparés qui mènent au réfectoire. Là aussi les tables sont espacées, des croix (une par banc) précisent où s’asseoir Désormais des sandwichs sont offerts quotidiennement aux employés pour leur éviter de courir des risques supplémentaires en fréquentant des commerces. Des toilettes ont été ajoutées. Les consignes de sécurité sont visibles partout. Et pas plus de trois ouvriers ne sont autorisés à oeuvrer simultanément dans un appartement.

Rythme de travail difficile à gérer

« Le premier jour, lors de la reprise du travail, explique Alexandre Boireau, à peine dix ouvriers étaient sur place. C’est monté progressivement jusqu’à 45. C’est un système lourd à mettre en place pour travailler en sécurité avec la menace du Covid-19. Mais l’inspection du travail, la SUVA et les syndicats sont passés et ont constaté que nous respectons les directives de l’OFSP. Nous saluons d’ailleurs le professionnalisme avec lequel ce dispositif a été mis  en place et piloté par l’entreprise totale HRS. En revanche, le rythme des travaux est difficilement gérable. Certaines entreprises ont redémarré en effectifs réduits ; les sous-traitants manquent de personnel. De nombreux travailleurs sont frontaliers et ne comprennent pas qu’en France ils doivent respecter un confinement sévère et qu’en Suisse on travaille. »

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