Le marché locatif suisse enregistre une hausse modérée
La plateforme immobilière Homegate révèle que les loyers proposés en Suisse continuent d’augmenter, avec de fortes différences régionales. un taux d’intérêt de référence plus faible, l’activité de la construction ne permet pas de freiner cette hausse.
Crédit image: Stefan Breitenmoser
La dynamique des prix de l’immobilier s’affaiblit.
L’indice des loyers de la plateforme immobilière Homegate mesure les variations mensuelles des loyers après correction des facteurs qualitatifs pour les appartements nouvellement mis ou remis en location sur la base des offres actuelles du marché. Par rapport au mois précédent, la valeur a augmenté de 0,2 point en mars et se situe désormais à 133,1 points (plus 0,2 %). Au premier trimestre, les loyers proposés en Suisse ont enregistré une croissance modérée de 0,7 %, et ont augmenté de 2,3 % par rapport à l’année précédente.
Construction,
immigration et taux d’intérêt
Cette hausse s’explique principalement par la faible activité de construction
de logements face à une demande toujours élevée. Ainsi, l’indice des loyers a
encore progressé de 2,6 % l’année dernière (mars 2025 par rapport à mars 2024),
contre 5,5 % un an plus tôt. Ces valeurs soulignent le ralentissement de la
dynamique des loyers proposés. La tendance à la baisse de l’immigration
contribue également à atténuer la hausse des loyers proposés. En 2025, le
nombre net de personnes immigrées en Suisse a diminué de près de 10 % par
rapport à l’année précédente. Et cette baisse s’est poursuivie au cours des
premiers mois de 2026, ce qui fait reculer davantage la demande supplémentaire
de logements en location.
Mais l’activité de construction et l’immigration ne constituent qu’une partie de l’explication, comme l’explique Martin Waeber, Managing Director Real Estate de SMG Swiss Marketplace Group: « La dernière baisse du taux d’intérêt de référence a également un impact sur les loyers annoncés. En effet, elle a provoqué en début d’année une réduction des loyers pratiqués jusque-là, ce qui a réduit la pression à la hausse sur les loyers proposés. » L’expert estime toutefois que, dans l’ensemble, ces facteurs d’allègement ne suffiront pas à stabiliser le niveau des loyers.
La
Suisse centrale en forte progression
En ce qui concerne l’évolution des loyers proposés au niveau cantonal, on
constate que de nombreux cantons enregistrent une baisse par rapport au mois
précédent, notamment Uri (-1,7 %), ainsi qu’Obwald et Nidwald (-1,1 % chacun).
Dans l’ensemble, les loyers proposés ont toutefois baissé dans plus de la
moitié des cantons. En revanche, ils ont nettement augmenté dans les cantons de
Vaud et Schwytz (+1,1 % chacun). C’est la Suisse centrale qui enregistre la
plus forte croissance par rapport à l’année précédente, y compris parmi les
villes (voir ci-dessous). Ainsi, les cantons de Nidwald (+7,3 %) et de Zoug
(+5,1 %) ont enregistré une hausse marquée des loyers proposés au cours des
douze derniers mois. Cette dynamique des loyers en Suisse centrale n’est pas
nouvelle, elle s’inscrit dans la continuité des forts taux de croissance des
années précédentes.
Zurich
repart à la hausse
Parmi les villes étudiées, Lucerne arrive clairement en tête avec une hausse de
8,2 % au cours des douze derniers mois, les loyers ayant augmenté de 3,1 % rien
qu’au premier trimestre 2026. On note également que les loyers proposés dans la
ville de Zurich ont connu une hausse supérieure à la moyenne: 1,6 % au premier
trimestre. L’habitat reste très attractif dans la ville sur la Limmat. Cette
dernière hausse à Zurich contraste avec l’augmentation modérée des loyers
proposés sur les douze derniers mois (+2,4 %), qui n’a apparemment octroyé
qu’un bref répit.
Une
croissance modérée attendue en 2026
Bien que le ralentissement de l’immigration apporte un certain soulagement sur
le marché des logements locatifs, les loyers proposés devraient continuer à
augmenter en 2026, quoique moins fortement que les années précédentes. Cela
s’explique par la pénurie persistante de logements, à laquelle la faible
activité de construction n’apporte pas de réponse suffisante.