Les partenaires sociaux négocient encore à couteaux tirés
C’est de bonne guerre. Les négociations pour le renouvellement de la Convention nationale de la construction ne sont pas encore en phase d’être conclues. Le patronat veut alléger les conditions cadres et les syndicats redoutent un démantèlement des salaires servis.

Crédit image: Société suisse des entrepreneurs SSE
Les syndicats veulent une meilleure conciliation entre le travail et la vie de famille, alors que le patronat plaide pour garantir l’équité de la concurrence.
Entamées il y a quelques mois, les négociations en vue d’une reconduction des conditions-cadres de la construction ne débouchent pas encore sur un accord. Autant la Société suisse des entrepreneurs (SSE) et les syndicats se livrent comme de coutume à un chassé-croisé de revendications que les pourparlers se heurtent à des désaccords profonds. Mais les choses doivent avancer, estime la SSE dans un communiqué,
Régime
à simplifier
Le monde patronal vient de réitérer sa disposition à conclure avec leur
partenaire social une convention nationale allégée pour le secteur de la
construction. Il entend garantir l’équité de la concurrence et protéger les employés.
Il est en effet nécessaire de simplifier le régime de travail, martèle la SSE.
De manière à mieux lutter contre d’éventuels abus.
Une
crise du personnel
Les syndicats Unia et Syna soulignent de leur côté que la branche de la
construction traverse une profonde crise de personnel. Ses 80'000 travailleuses
et travailleurs ont ainsi besoin de mieux concilier leur vie personnelle avec
les contingences qui leur sont imposées. Pour le syndicat il s’agit de persuader
l’organisation patronale de renoncer à imposer « des journées de travail plus
longues pour moins de salaire, voire à un système sur appel. ».
Salaires
minimaux déjà élevés
La SSE indique en réponse que la Suisse détient le salaire minimal le plus
élevé d’Europe, avec 5000 francs en moyenne. Elle entend graver cette rémunération
dans la Convention nationale en cours de négociation. Les salaires ont augmenté
de 7,5% depuis 2019, indique-t-elle. Un maçon diplômé gagne environ 6000 francs
par mois. Contrairement à ce qu’affirment
les syndicats, le patron n’a pas l’intention de toucher à la durée moyenne de
travail hebdomadaire, même si un chantier doit pouvoir de temps à autre être
ouvert les samedis.
Le
spectre de la grève
Unia et Syna redoutent de devoir durcir le ton face au patronat en cas d’impasse.
Pour sa part, la SSE se dit déterminée à conclure une nouvelle convention
nationale pour le début de l’année prochaine.