Les véhicules et engins électriques frappent aux portes des chantiers romands

Teaserbild-Quelle: Futuricum

Les véhicules et autres engins électriques n’occupent pas encore les chantiers de Suisse romande, en dépit d’une offre toujours plus étoffée. Leur coût deux fois plus élevé à l’origine des réserves exprimées par le monde de la construction à cet égard. Cependant, les plus grandes marques, les pouvoirs publics et le dynamisme de la recherche poussent de concert à cette reconversion des transports professionnels vers l’électromobilité.


Véhicules électriques 2

Quelle: Futuricum

Le camion électrique de la société neuchâteloise Svedel jouit d’une autonomie de plusieurs centaines de kilomètres.

Les véhicules et autres engins électriques n’occupent pas encore les chantiers de Suisse romande, en dépit d’une offre toujours plus étoffée. Leur coût deux fois plus élevé à l’origine des réserves exprimées par le monde de la construction à cet égard. Cependant, les plus grandes marques, les pouvoirs publics et le dynamisme de la recherche poussent de concert à cette reconversion des transports professionnels vers l’électromobilité.

C’est pourtant un marché en devenir. Les chantiers de Suisse romande ne sont cependant pas encore bien préparés à troquer le diesel contre l’électricité, en dépit d’une recherche très active sur la performance des batteries et une offre de véhicules de transport voire d’engins toujours plus étoffée.

Si les particuliers sont de plus en plus sensibles à la cause, les professionnels romands de la construction avancent encore à pas feutrés dans l’univers de  l’électromobilité. Ils peuvent pourtant compter sur une offre d’engins très diversifiée, que ce soit pour le travail sur le chantier ou le transport.

A témoin, la société Svedel, qui collecte les déchets entre Peseux et Le Landeron (NE) est acquis à l’électrique depuis 2017. Elle a acquis un nouveau camion de 26t – dont 18t de charge utile -  pour assurer ce service de voirie. Le véhicule est certes deux fois plus cher que ses cousins carburant au diesel. Mais il présente de nombreux avantages, notamment au plan de son autonomie. Il peut ainsi aller de Neuchâtel à Zurich et retour sans recourir à une borne de recharge. Sa puissance est de 680 chevaux ou de 500 kilowattheures. Sa vitesse peut s’élever à près de 90 kilomètres à l’heure.

«Certains regrettent un peu le bruit caractéristique du camion-poubelle le matin, s’amuse l’entreprise. Ces véhicules électriques sont silencieux, n’émettent pas de CO², ont davantage de charge utile et présentent des couts d’exploitation inférieurs de 80% par rapport aux modèles diesel». Le confort de travail des employés de la voirie est plus grand avec un camion électrique. Il n’y a en effet pas de gaz d’échappement.

Ces avantages l’emportent sur l’argument du prix. Svedel indique que l’amortissement de ces véhicules peut se faire sur 6 ou 7 ans. Soit en deux fois moins de temps que pour un camion diesel. En tout cas, l’entreprise promet de passer complètement à l’électromobilité d’ici quelques années. «Pour autant que l’on ait de la patience, ce pari écologique vaut la peine d’être tenté», précise-t-elle. Autre avantage financier, ces véhicules ne seront pas soumis à la RPLP avant 2025.

Svedel est donc convaincu de la justesse de son engagement en faveur de l’électromobilité. Les villes de Thoune et de Morat ont aussi franchi le Rubicond. A Lausanne, un camion électrique fonctionne aussi à l’électrique depuis juin 2018. L’essai démarré à cette époque vise à renouveler complètement la flotte des véhicules de la voirie.  Toutefois, les contacts pris entre le délégué à la mobilité électrique du canton de Genève et les entreprises de la place se heurtent toujours à l’argument du coût. Le secteur de la construction subit actuellement un net ralentissement de son activité, et cela peut dissuader les entrepreneurs de convertir une partie du parc de leurs véhicules vers l’électromobilité.

Le dernier Salon Swissbau s’est pourtant montré très actif en janvier à Bâle dans le domaine des petits véhicules, en présentant de nombreux modèles électriques de toutes marques. Les plus grands constructeurs automobiles n’oublient pas ce futur filon. Renault et Volvo, en particulier, sont actuellement actifs dans le domaine de la fabrication de véhicules électriques lourds. Même si la crise sanitaire en cours est venue ralentir la production.

«Le bilan écologique de ce genre de poids lourds est optimal si l’électricité utilisée provient du renouvelable», indique encore Arnaud Boulé, délégué à la mobilité électrique du canton de Vaud. Les pouvoirs publics sont en tout cas désireux d’adopter des politiques plus incitatives dans le domaine de l’électromobilité. Notamment sur les questions du recyclage des batteries. «C’est plus facile d’œuvrer sur les véhicules que sur les smartphones», souligne encore le délégué vaudois.

L’Empa collabore également avec un institut allemand  pour développer des batteries se passant du lithium-ion.  Il s’agit de pallier les dangers d’incendie et les difficultés de recyclage que rencontrent encore les matériaux utilisés actuellement. Ces recherches n’aboutiront cependant pas avant cinq ans. Mais le processus électro mobile demeure lancé, et la Suisse romande est invitée à s’y mettre.

Technologie adaptée pour moins de bruit

Du côté des engins de chantier, beaucoup de nouveautés hybrides, voire carrément électriques! Volvo a ainsi adapté la technologie de ses voitures à la construction avec un tombereau articulé hybride. Avec une sensible réduction de la consommation de diesel. Le groupe a aussi pu livrer sur un chantier français un nouveau modèle de mini pelle électrique de 2,5 t qui permet aux ouvriers de travailler sans être perturbé par le bruit. Cet engin peut aussi opérer pendant huit heures sans recharge. La marque française Mecalac fait de même avec un modèle de mini pelle avec autonomie de 4 heures et rechargeable en deux heures sur 380-420 volts. Un enfin parfaitement adaptés aux chantiers urbains.

Cet article n'est disponible en intégralité que pour les abonnés.

Connectez-vous maintenant!

Vous n'êtes pas encore abonné? Aperçu des abonnements.

Annonces

Dossiers

Bois

Bois

Le bois dans tous ses états

S'abonner à la newsletter.

Avec la Newsletter-Batimag, vous recevez régulièrement des nouvelles pertinentes et indépendantes sur l'actualité de la construction en Suisse et dans le monde.