15:11 PROJETS

La restauration de la Collégiale de Neuchâtel touche à sa fin

Écrit par: Philippe Chopard
Teaserbild-Quelle: Philippe Chopard

Avec la prochaine pose d’un chauffage au sol sous un plancher en ciment et terrazzo, les travaux de restauration de la Collégiale de Neuchâtel s’achèveront au printemps 2022. Le chantier aura duré treize ans, pour remettre à neuf un monument historique de toute première importance. Le bâtiment de l’aile ouest du Château contigu a aussi été réaménagé dans la foulée.

Collégiale ne restauration 1

Crédit image: Philippe Chopard

La nef a été complétement nettoyée, ses murs, boiseries et peintures restaurées et son chauffage est en voie d'être intégralement remplacé.

Un  gros nettoyage. Un voyage dans le passé. Une remise à neuf pour un meilleur confort. La restauration de la Collégiale de Neuchâtel touche presqu’à sa fin. Après 13 ans de travaux et diverses fermetures successives de l’édifice construit  au XIIIe siècle, les travaux doivent aboutir au printemps prochain, normalement pour les fêtes de Pâques.

Pour la Ville de Neuchâtel et son chef de projet Fabien Coquillat, ainsi que pour l’Office cantonal neuchâtelois du patrimoine, c’est l’aboutissement de deux décennies d’études et de projets. Une vraie expérience de vie qui les a fait rencontrer le monde très minutieux de la restauration de monuments historiques.

Les ultimes travaux de ces six prochains mois provoquent une nouvelle fermeture du monument. La nef, qui a retrouvé ses dimensions d’origine, doit encore accueillir son nouveau chauffage au sol. Et ce sera le gaz du château de Neuchâtel, contigu  au monument, qui chauffera désormais la Collégiale. Avant de passer, d’ici 5 à 10 ans et si le Grand Conseil neuchâtelois le veut bien, à des modes plus écologiques.

Carrelage remplacé par un terrazzo
La pose de ce chauffage, piloté par un local technique aménagé sous le cloître médiéval, est une opération de grande envergure. « Les canalisations qui chauffaient l’édifice depuis la dernière restauration il y a 150 ans étaient vraiment en très mauvais état », explique Fabien Coquillat. L’antique chaudière à gaz a donc été supprimée au profit d’un raccord au réseau du Château. Avant de redistribuer la chaleur depuis le sol de la nef, il a fallu fouiller ce dernier. Les nombreuses sépultures découvertes ces dernières années lors des travaux de restauration intérieure ont permis aux archéologues de combler les lacunes du passé. Mais, pour les responsables du projet, il s’agissait de trouver le meilleur matériau pour le plancher. Le carrelage posé en 1870 par les équipes de l’architecte neuchâtelois Léo Châtelain va donc être presque intégralement remplacé par un terrazzo de couleur sombre, sur une dalle faite de carrés de ciment.

L’allée centrale de la nef de la Collégiale se caractérisait par son ancienne canalisation de chauffage, recouverte par des éléments en fer forgé. La restauration restituera cet équipement d’origine, tout en assurant une meilleure répartition de la chaleur ambiante. Des bouches de ventilation seront aménagées dans les travées de la nef pour être recouvertes de grilles métalliques plus classiques. Le carrelage d’origine se retrouvera principalement dans le chœur.

Les boiseries qui ornaient les murs latéraux de l’édifice ont toutes été restaurées et replacées. Le maître d’ouvrage en a fait adapter la base pour la future pose du terrazzo. Les bancs de la nef, si inconfortables avant les travaux, seront aussi remplacés dans l’esprit d’origine et munis de nouveaux coussins.

La restauration intérieure de la Collégiale, entamée en 2017, a permis aux murs et  aux voûtes de retrouver tout leur éclat. Quelques traînées noires attestent encore de leur état d’avant les travaux. Il reste à restaurer la galerie ouest, surmontée par une rosace. Les prochains travaux réaménageront également les boiseries de l’entrée principale. Les deux orgues qui  se trouvaient dans la nef ont également échangé leur place : le nouveau allant à gauche, à côté du monument des comtes. L’ancien instrument, un modèle Walcker, sera remonté prochainement sur une nouvelle galerie du côté sud. « Nous avons voulu améliorer la circulation du public en repensant la position de ces deux instruments », indique Fabien Coquillat.

Déplacer un orgue qui pèse une tonne est une gageure. D’autant plus qu’il a fallu l’accorder à chaque mouvement. Le nouvel instrument, voulu par l’organiste Guy Bovet il y a près de 30 ans, était censé pouvoir se déplacer sur coussin d’air. « Une opération impossible pendant les travaux, sourit Fabien Coquillat. Il a fallu recourir à des techniques de déménagement plus traditionnelles pour faire migrer l’instrument de manière à ce qu’il ne gêne pas trop les travaux. « Le relevage des instruments dure plusieurs semaines, explique Fabien Coquillat, ce qui pèse sur la durée du chantier ».

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