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Des miroirs pour rendre les serres agricoles autonomes en énergie

Teaserbild-Quelle: Voltiris

Par un jeu de miroirs et un dispositif de suivi du rayonnement naturel, une start-up de l’EPFL a pu augmenter l’autonomie énergétique des serres agricoles. Ces innovations doivent remplacer à terme le chauffage d’appoint des installations et stimuler la photosynthèse.

Serres epfl 1

Crédit image: Voltiris

Les installations photovoltaïques de la start-up rendent les serres plus autonomes au plan énergétique.

L’Union suisse des maraîchers s’est fixé l’objectif d’abandonner les énergies fossiles d’ici 2040. Cela passe par l’autonomie énergétique des serres, notamment par la pose de panneaux photovoltaïques pour le chauffage. Voltiris, une start-up de l’EPFL vient ainsi d’équiper deux serres pilotes dans les Grisons et à Conthey (VS), avant d’envisager d’en faire de même à Genève et aux Pays-Bas.

Le chauffage traditionnel d’une serre standard de 5 ha émet la même quantité de dioxyde de carbone que 2000 personnes, explique la start-up. Par ailleurs, les plantes n’utilisent qu’une partie des longueurs d’onde provenant du soleil pour le processus de photosynthèse. D’où l’idée d’obtenir un rendement journalier similaire aux panneaux solaires traditionnels en utilisant la moitié du rayonnement naturel (infrarouge et vert) pour l’alimentation énergétique. Le reste étant réservé aux cultures proprement dites.

Comme sur les lunettes
Les plantes utilisent la lumière du soleil de manière sélective. La start-up a donc fait poser des miroirs dichroïques sous la charpente des serres qu’elle a choisies comme installations pilotes. Ces structures produisent de l‘énergie renouvelable sans impact sur les cultures, en concentrant la lumière du soleil. Le procédé est comparable au traitement antireflet sur les verres de lunettes.


serres epfl 2

Crédit image: Voltiris

Le volume des récoltes des serres pilotes de l’EPFL a déjà pu bénéficier de ces innovations.

Voltiris est allé plus loin par le dépôt d’un second brevet. Elle a aménagé un dispositif de suivi du rayonnement du soleil sous le toit des serres. La production d’énergie dure ainsi plus longtemps. La start-up réfléchit encore à optimiser le rendement des récoltes sous serre en adaptant ses installations en fonction de la spécificité de certaines cultures. Un grand pas vers l’autonomie énergétique des serres serait ainsi franchi, estime-t-elle.

Le développement de ces innovations bute encore sur des obstacles écologiques et économiques. Mais Voltiris espère commencer par réduire de 50% les émissions de dioxyde de carbone d’une serre tout en couvrant ses besoins à raison de 60 à 100%. Le contexte politique lui est favorable, souligne-t-elle encore.

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