L’éboulement de Blatten simulé en 3D pour mieux le prévenir
Les experts de l’Institut suisse pour l’étude de la neige et des avalanches (WSL) ont voulu comprendre les mécanismes qui ont conduit à l’effondrement du glacier du Petit Nesthorn en mai 2025. Ils ont pour cela conçu une maquette assistée par une technique informatique poussée qui analyse la dynamique des mouvements de masse.
Crédit image: Roman Oester / SLF.
Sur la maquette, la région de Blatten (VS) apparaît inversée : en raison de la configuration du terrain, les chercheurs ont dû construire le modèle à l’envers. Le village se situe dans la partie droite de la « plaine ».
Des chercheurs de l'Institut suisse pour l'étude de la neige et des avalanches (SLF) ont créé un modèle 3D très détaillé de la région de Blatten (VS) pour étudier les mouvements de masse et de permettre une évaluation plus fiable des risques naturels. Leurs essais effectués en laboratoire visent à améliorer la fiabilité des modèles informatiques que les autorités cantonales et communales utiliseront à l’avenir pour évaluer les risques pesant sur les zones habitées et les infrastructures.
Entre
le physique et le virtuel
Pour ces expériences, le paysage autour de Blatten a été reproduit à l’échelle
1:577. Parallèlement à ces modèles physiques, le groupe de recherche développe
également des modèles virtuels qui simulent des scénarios de mouvements de
masse dans les Alpes, allant des coulées de boue aux éboulements.
Une
maquette imprimée en 3D
La maquette de Blatten se trouve dans un ancien bunker militaire près de Davos.
Elle mesure au maximum 5,4 m sur 4,5 m et se compose de 56 pièces imprimées en
3D. Une fois assemblée, la maquette a été enduite et peinte afin d’obtenir la
rugosité souhaitée et les propriétés optiques requises, explique Hervé Vicari,
collaborateur scientifique au SLF.
Crédit image: Roman Oester / SLF.
Les lignes blanches indiquent jusqu'où les masses rocheuses se sont déplacées dans la réalité.
Lors des expériences, un mélange d’eau, de sable et d’argile est préparé dans un seau, puis déversé sur le modèle à l’aide d’un bac muni d’un clapet. De nombreuses caméras, lasers, capteurs ainsi qu’un scanner 3D mesurent alors la hauteur d’écoulement, la vitesse, la distance parcourue, les dépôts et la dynamique d’impact de ce mouvement de masse généré artificiellement.
La
courbure du terrain analysée
« Actuellement, nous nous intéressons particulièrement à l’influence de la
courbure du terrain sur la dynamique des écoulements », a déclaré Johan Gaume,
responsable du groupe de recherche sur les mouvements de masse alpins au SLF et
professeur associé en mouvements de masse alpins à l’EPFZ.A l’avenir, selon le
SLF, d’autres régions et reliefs pourraient également être montés sur la
structure porteuse du modèle. De nombreux autres projets sont prévus pour
étudier différents effets, tels que l’érosion, l’impact sur des obstacles ou la
remontée des masses sur les contre-pentes. Selon les chercheurs, ce modèle
constitue un investissement de recherche à long terme.