15:11 BAROMETRE DU BATIMENT

Troisième semestre 2019: la construction de logements résiste

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troisième semestre 2019, baromètre du bâtiment

Crédit image: Stefan Schmid

A Oerlikon, les travaux de construction de la Franklinturm ont commencé cet automne.

Au troisième trimestre 2019, le secteur de la construction s’est porté fort bien en Suisse. Les investissements planifiés pour des projets ont augmenté de 10,8 % par rapport à la même période de l’année précédente. Quant aux demandes de permis de construire, elles sont en hausse de 1,8 %. Seul bémol : la consommation de ciment. En effet, au 3e trimestre, les livraisons de ciment sur le territoire suisse ont diminué. Selon  l’Association suisse de l’industrie du ciment (Cemsuisse), le recul cumulé de l’exercice est de 0,7 %, contre 1,5 % l’année précédente. Au 3e trimestre, la construction de logements est repartie de plus belle. Le nombre total de projets de construction de logements a augmenté de 13,4 % par rapport à l’année précédente. Les sommes affectées aux immeubles de placement demeurent importantes. Dans le segment des immeubles d’habitation, l’augmentation par rapport à l’année précédente est de 17,4 % (nouvelles constructions, extensions et transformations). Le chiffre des nouvelles réalisations dans ce segment s’élève à +4,3 %, contre +6,0 % au deuxième trimestre. Au total, ce segment affiche une somme qui dépasse la moyenne décennale

de 2,3 %. C’est ce que montrent les données relatives aux demandes de permis de construire recueillies par Docu Media Suisse Sàrl.

Les villas ont un peu moins la cote

En revanche, on constate une stagnation (-0,1 %) de l’activité dans la construction neuve ainsi que dans le domaine de l’extension et de la transformation de maisons familiales individuelles (MFI). L’évolution divergente de ces deux segments se reflète également dans les sommes cumulées au cours de l’année. Fin septembre, la valeur dans le segment des immeubles collectifs (year to date) affichait une hausse de 5,3 %, tandis que le segment des MFI montrait une baisse de 2,2 %. Dans la construction de logements, on peut constater en 2019 un ralentissement de la croissance du taux de logements vacants. Le nombre de logements vacants a augmenté de 3029 unités (+4,2 %). Les années précédentes, on relevait des vacances variant entre 5000 et 8000 unités, avec parfois des taux de croissance à deux chiffres. Selon les enquêtes de l’Office fédéral de la statistique, ce taux est passé à 1,66 % (au 1er juin). Malgré la baisse du taux de logements vacants, le Moniteur immobilier de Credit Suisse ne s’attend pas à une accalmie durable.

Bâtiments industriels en hausse

Parmi les régions les plus touchées par la surabondance, où les taux de vacance dépassaient 2 % (juin 2018), seules 18 sur 42 ont vu baisser le nombre de logements vides. La suroffre sur le marché du logement locatif renforce la pression sur les loyers. La construction de bâtiments industriels a enregistré une hausse de 14,0 % par rapport au même trimestre de l’année précédente. La somme totale dépassait de 6,3 % la moyenne quinquennale. Affichant un recul de 7,6 %, le secteur des services a perdu du terrain ; avec 6,7 % la construction de bureaux se situe en dessous de la moyenne quinquennale. Vu la stabilité de la demande intérieure et la robustesse du marché du travail, les perspectives du marché des surfaces de bureaux et industrielles devraient être meilleures que celles des surfaces commerciales, selon les estimations d’UBS, sachant que l’on s’attend pour ces dernières à une baisse des loyers en raison de la vive concurrence du commerce électronique.

Moins d’hôpitaux, plus d’écoles

La construction hospitalière a subi une baisse marquée (-35,8 %). De 2010 à 2017, années de pointe, le segment a affiché une tendance positive. Ce dernier trimestre, les investissements sont tombés au deuxième plus bas niveau des dix dernières années, bien en dessous de la moyenne décennale (-33,0 %). Les investissements cumulés à la fin du mois de septembre sont également très inférieurs à ceux de l’année précédente (-39,5 %). Dans le domaine scolaire, il faut s’attendre dans un proche avenir à un nombre croissant de commandes.  Avec une hausse de 21,3 %, le montant cumulé 2019 a atteint la moyenne quinquennale. Toutefois, ces investissements restent en diminution par rapport à l’année dernière (YTD : -5,2 %).



 

Troisième semestre 2019 (1), baromètre du bâtiment

Crédit image: Stefan Schmid

La construction neuve accuse une stagnation en cette fin d’année 2019.

En Suisse, il ne faut pas se le cacher, les signes d’un ralentissement économique se multiplient. Certes, au deuxième trimestre, l’industrie a augmenté sa production de 4,8 % et son chiffre d’affaires de 3,6 % par rapport à la même période de l’année précédente. Néanmoins, la situation s’avère épineuse pour les  entreprises industrielles en termes de commandes, si l’on se réfère aux chiffres de l’Office fédéral de la statistique (BfS). Au deuxième trimestre, les carnets de commandes affichent un net recul de 20,0 %, ce qui ne manquera pas d’avoir un impact gravissime sur le taux d’utilisation de la capacité technique de production. Une première baisse de 5,1 % avait déjà été enregistrée au premier trimestre. Selon l’association professionnelle Swissmem, les commandes ont globalement diminué de 12,5 % au cours du premier semestre de l’année. D’après Swissmem, « la stabilisation à un niveau inférieur représente encore le meilleur des scénarios possibles » des douze prochains mois.

Ralentissement à l’horizon

L’indice PMI (Purchasing Managers Index Industry), qui a reculé de 3,0 points à 44,7 points en juillet et a atteint son plus bas niveau depuis 2009, indique également une détérioration marquée du climat. Le PMI Industriel est établi en commun par le Credit Suisse et l’association professionnelle pour les achats et le Suply Manage- ment. L’indice PMI Services était à 48,2 points en juillet et 61,8 points en avril. Les valeurs inférieures ou supérieures à 50 points indiquent une contraction ou une expansion de l’économie. Selon le baromètre conjoncturel KOF, les perspectives sont un peu moins sombres, mais tout porte à prévoir un ralentissement. L’indicateur a progressé de 3,3 points en juillet pour arriver à 97,1 points, niveau qu’il a su maintenir en août.

Demande affaiblie

En Suisse, la demande intérieure et extérieure s’est affaiblie, en ligne avec la situation économique des pays européens. En septembre, la Commission d’experts de la Confédération a légèrement revu à la baisse ses prévisions pour l’économie suisse. Pour 2019, elle envisage actuellement une croissance du PIB de 0,8 % (prévision de juin : 1,2 %) ; pour 2020, l’estimation reste inchangée à 1,7%. Au 2e trimestre, le produit intérieur brut (PIB) a encore augmenté de 0,3 %, après avoir été révisé à 0,4 % contre 0,6 % au 1er trimestre.

L’Allemagne se contracte

En Allemagne, le développement de l’industrie reste peu clair. Evolution plutôt surprenante : les entreprises allemandes ont produit en juillet 0,6 % de moins que le mois précédent, et au mois d’août, elles ont de nouveau enregistré une hausse (+0,7 %). En juin, le secteur du bâtiment a pu augmenter son volume de commandes de 2,9 % par rapport au même mois de l’année précédente ; la plus importante hausse de l’entrée des commandes depuis 25 ans. Au premier semestre, le nombre de commandes dans l’industrie de la construction a même augmenté de 10,8 %. Néanmoins, les craintes de récession se font aussi jour en Allemagne. Le PIB s’est contracté de 0,1 % en glissement annuel au deuxième trimestre, après une croissance robuste de 0,4 % au premier trimestre. En raison de l’affaiblissement de l’industrie, les experts estiment que l’économie allemande s’est également contractée au troisième trimestre. La dernière « récession technique » avec deux trimestres négatifs consécutifs s’est produite en 2012 / 13. Le gouvernement allemand prévoit une croissance de 0,5 % en 2019. Les prévisions pour 2020 sont révisées à la baisse, passant de 1,5 % à 1,1 %. Malgré le recul de la croissance, le moral des consommateurs allemands demeure bon. Par rapport au même mois l’an dernier, les constructeurs automobiles ont vendu près d’un quart plus de voitures neuves en septembre.

Zone euro sous pression

La faiblesse de l’économie allemande et les différends douaniers ont également un impact sur la croissance économique dans la zone euro. Après deux baisses consécutives, les entreprises de la zone euro ont produit 0,4 % de plus en août qu’au mois précédent. En septembre, la BCE a resserré sa politique monétaire  particulièrement souple. Ces mesures comprennent des taux d’intérêt accrus pour les banques, lorsqu’elles placent de l’argent auprès de la BCE, et des milliards d’euros frais en obligations émises par la banque centrale. Le taux d’intérêt directeur reste inchangé à zéro pour cent. La responsable désignée de la BCE, Christine Lagarde, est également susceptible de poursuivre sa politique monétaire laxiste. La Commission européenne table encore sur une croissance de 1,2 % dans la zone euro en 2019. Au 2e trimestre, le PIB n’a progressé que de 0,2 %, après 0,4 % au début de l’année. Pour 2020, la Commission a revu à la baisse ses prévisions à 1,4 %, contre 1,5 % précédemment. Pour l’ensemble de l’UE, la Commission prévoit une croissance du PIB de 1,4 % en 2019, et de 1,6 % en 2020.

Incertitude en Grande-Bretagne

La manière dont les relations entre la Grande-Bretagne et l’UE seront réglementées à l’avenir pourrait prendre un tournant décisif en fonction des résultats électoraux. En cette période d’incertitude, la Chambre de commerce britannique prévoit une croissance de 1,2 % en 2019, et de 0,8 % en 2020, la plus faible depuis la crise financière. L’OCDE a abaissé ses prévisions pour 2019 à 1,0 % (contre 1,2 % auparavant), et à 0,9 % pour 2020 (contre 1,0 % auparavant).

Moteur de l’économie,

les Etats-Unis se grippent

Après dix ans de croissance, l’économie américaine est également menacée par un ralentissement économique. L’indice des directeurs des achats de l’industrie américaine a reculé à 47,8 points en septembre, contre 49,1 points le mois précédent, selon une enquête menée par l’Institute for Supply Management (ISM) auprès des entreprises. Il s’agit de la valeur la plus basse depuis juin 2009. Pas plus tard qu’en août, l’industrie a augmenté sa production de 0,5 % par rapport au mois précédent.

Au deuxième trimestre, l’économie américaine a enregistré une croissance de 2,0 %, extrapolée sur une année, après avoir enregistré 3,1 % au premier trimestre. L’OCDE a récemment abaissé ses prévisions pour l’économie américaine en 2019 à 2,4 % (auparavant : 2,8 %). L’économie chinoise a connu une évolution moins bonne que prévu en raison de la guerre commerciale que lui livre Donald Trump. En août, la production industrielle n’a augmenté que de 4,4 % par rapport à l’année précédente, après avoir affiché une valeur plutôt faible de 4,8 % en juillet. Au deuxième trimestre, l’économie chinoise a enregistré une croissance en perte de vitesse de 6,2 %, contre 6,4 % au premier trimestre.

 

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