14:03 ECONOMIE

L'économie suisse reste dynamique malgré le conflit en Ukraine

Teaserbild-Quelle: KOF

L’Institut de recherches conjoncturelles de l’Université de Zurich (KOF) estime dans son baromètre trimestriel que l'économie suisse devrait croître de près de 3% selon son scénario le plus favorable. L’inflation reste modérée en comparaison avec les pays voisins. Le conflit ukrainien génère toutefois l’incertitude.

KOF printemps 2022

Crédit image: KOF

Les sanctions économiques contre la Russie pourraient peser sur la consommation occidentale, estime le KOF.

Si la crise ukrainienne devait entraîner, entre autres conséquences, un arrêt complet de toutes les exportations d'énergie et de matières premières russes, y compris vers l’Union européenne, la Suisse ne verrait son PIB augmenter que de 1% cette année, affirme le KOF dans son baromètre trimestriel.  L'économie ressent les effets de la guerre en Ukraine à travers la forte hausse des prix de l'énergie et des matières premières.

 Comme de nombreuses entreprises actives dans le commerce international des matières premières sont implantées en Suisse, un embargo plus large que celui en vigueur jusqu'à présent à l’encontre de la Russie  pourrait entraîner une perte sensible de valeur ajoutée. Enfin, l'incertitude face au risque d'une nouvelle escalade, voire d'attaques militaires contre d'autres États de la région, pourrait avoir un effet négatif sur la consommation et les investissements. Même si un cessez-le-feu devait intervenir assez rapidement, cette guerre a d’ores et déjà modifié durablement la situation géopolitique et donc l'économie mondiale.

Entre deux scénarios
Par rapport à ce taux de croissance contrefactuel (fictif), qui serait en grande partie alimenté par la reprise après la levée des mesures contre la pandémie, le KOF chiffre désormais la hausse du PIB à 2,9% (3,0% en incluant les événements sportifs) dans son scénario le plus favorable. Les conséquences économiques de la guerre sur l'économie mondiale resteraient dès lors majoritairement limitées au deuxième trimestre 2022, même si de nombreuses sanctions envers la Russie resteront en vigueur plus longtemps. Mais comme ni la Russie ni l'Ukraine ne sont des partenaires commerciaux importants de la Suisse, les dommages causés par une interruption des flux commerciaux sont limités même si certaines entreprises seront fortement touchées.

Un scénario plus négatif provoquera selon le KOF un arrêt complet de toutes les exportations russes d'énergie et de matières premières. Les prix de l'énergie augmenteraient à nouveau massivement et certains pays européens connaîtraient de plus en plus de restrictions de production. La demande étrangère de produits suisses diminuerait. Il est en outre supposé que le commerce de matières premières russes en Suisse serait stoppé. En outre, dans ce scénario négatif, le KOF part du principe que le franc suisse s'apprécierait rapidement et fortement. Dans ces hypothèses, le taux de croissance du PIB ne serait plus que de 1% en 2022 (1,1% en incluant les événements sportifs).


Kof printemps 2022

Crédit image: KOF

La croissance économique devrait rester positive en 2022.

La différence entre ces scénarios favorable et négatif est la plus marquée au deuxième trimestre 2022, révèle le KOF: alors que le premier prévoit un taux de croissance modéré mais positif, le second le fait chuter aux alentours de -6% en rythme annualisé. Il n'y aurait toutefois pas de récession au sens technique du terme car la croissance du PIB redeviendrait légèrement positive au troisième trimestre grâce à un petit effet de rebond.

Les capacités de l'ensemble de l'économie restent toutefois fortement sous-utilisées au troisième trimestre. Dans ce scénario négatif, le marché du travail serait en outre sous pression. Dans les branches fortement touchées, comme certaines parties de l'industrie manufacturière, on assisterait à des suppressions d'emplois qui dureraient plusieurs trimestres.

L'inflation reste modérée en Suisse
En raison de la guerre, l'inflation devrait augmenter plus fortement et ne pas baisser aussi rapidement que prévu. Les premiers signes indiquent que les anticipations d'inflation à long terme pourraient déjà avoir augmenté en Suisse. Contrairement à d'autres régions d'Europe et aux États-Unis, où l'inflation tend déjà vers une valeur à deux chiffres, la Suisse est encore pour le moment épargnée: avec le scénario favorable, les prix à la consommation suisses augmenteront de 1,9% en 2022, mais la hausse retombera déjà à 0,7% en 2023. Avec le scénario négatif, le renchérissement de 2,8% (2022) et de 1,2% (2023) dépasse temporairement la zone considérée par la BNS comme la stabilité du niveau des prix, à savoir jusqu'à 2%.

Le Covid poursuit ses effets
Pour tous ces scénarios, le KOF suppose qu'il n'y aura pas de réintroduction de restrictions de contact en cas de persistance de la pandémie. Comme celle-ci est loin d'être terminée, le risque d'apparition de nouveaux variants du virus potentiellement dangereux va plomber l’optimisme, conclut le KOF.

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