08:40 PROJETS

Chemin pavé d’embûches pour la ligne ferroviaire directe neuchâteloise

Teaserbild-Quelle: Etat de Neuchâtel

De nombreux obstacles, en particulier techniques et environnementaux, se dressent sur la route des constructeurs de la future ligne ferroviaire directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. Un fort dénivelé, des terres agricoles à réaffecter, un coût de 1,4 milliard engagent les CFF, la Confédération et le canton de Neuchâtel jusqu’en 2040.

Ligne ferroviaire directe NE 2

Crédit image: dmst; CC_BY-SA_3.0

C’est en direction de l’est de la gare de Neuchâtel que la future ligne directe rejoindra son premier tunnel sous la montagne de Chaumont.

Le chemin sera long. Très long. Et semé d’embûches. La belle assurance des CFF et de l’Etat de Neuchâtel affichée lors de la présentation de l’avant-projet de liaison ferroviaire rapide entre le Bas et le Haut du canton n’occulte pas totalement les obstacles à la réalisation de ce grand projet d’ici 2035 ou 2040. Difficultés techniques pour un parcours de 500 m de dénivelé, en très grande majorité souterrain. Problèmes fonciers aussi, avec une mise à ciel de la ligne dans le Val-de-Ruz, sur 1,4 des 16 km du parcours.

Ligne ferroviaire directe NE 3

Crédit image: Joachim Kohler, CC_BY-SA_4.0

La gare de La Chaux-de-Fonds pourra bénéficier d’une cadence au quart d’heure en direction du Bas du canton dès la mise en service de la nouvelle ligne.

Les experts mandatés pour trouver le bon tracé pour cette ligne attendue par tout le canton de Neuchâtel ont mis trois ans pour l’analyser. Leur étude préliminaire tient compte du terrain, avec la traversée de deux anticlinaux (Chaumont et La Vue-des-Alpes) et de la pente du tracé. Elle prend aussi en compte le coût, estimé à 1,4 milliard de francs. Ce qui a conduit à mettre la ligne à ciel ouvert dans une partie du Val-de-Ruz, dans un paysage très agricole.

La vitesse pour monter, une première
Au plan technique, le projet doit surtout tenir compte de la pente du futur tunnel, surtout dans la partie entre Cernier et La Chaux-de-Fonds. La forte déclivité du terrain doit être compensée par la vitesse des convois ferroviaires, expliquent les CFF et l’Etat de Neuchâtel dans un communiqué. Il s’agit de faire circuler les trains jusqu’à une vitesse de 130 km/h pour diviser par deux le temps actuel du trajet. Les CFF expliquent que compenser les inconvénients de la déclivité par la vitesse est une première européenne.

Deux nouveaux portails
Le projet va être affiné dans les 2 ans qui viennent. Le portail sud du futur tunnel ferroviaire sera aménagé à quelques centaines de mètres à l’est de la gare de Neuchâtel, à la hauteur du pont du Mail. La galerie débouchera à La Chaux-de-Fonds au nord-ouest du tunnel historique traversant la montagne et le vallon des Convers. Le raccordement à la ligne CFF actuelle se fera au sud du pont de Malakoff, qui a été rénové récemment. Au milieu du parcours, une gare intermédiaire implantée au sud du village de Cernier permettra le croisement des convois.

Terrains agricoles touchés
Il faudra encore beaucoup d’études avant de donner le coup d’envoi de ce chantier titanesque. Notamment pour trouver le meilleur emplacement pour la gare intermédiaire et la meilleure intégration de la ligne à ciel ouvert à travers le Val-de-Ruz. A ce sujet, c’est précisément l’emprise sur les terres agricoles qui avait causé l’échec de la première mouture en 2012. Les agriculteurs de la région détestent que leur surface soit affectée à autre chose. La commune de Val-de-Ruz est toutefois partie prenante de la réflexion en cours.

Ligne ferroviaire directe NE 1

Crédit image: Etat de Neuchâtel

Le tracé définitif n’est pas encore définitivement arrêté. Mais il sera mis à ciel ouvert au milieu sur une distance de 1,4 km.

La Confédération prendra en charge l’investissement prévu. Le canton de Neuchâtel participera néanmoins au financement de la construction de la nouvelle gare de Cernier. La phase d’avant-projet sera suivie des études d’impact et d’une mise à l’enquête publique. Plusieurs années seront nécessaires avant de pouvoir engager les foreuses sous la montagne. Les travaux proprement dits dureront entre sept et dix ans. La mise en service de la ligne directe va aussi profondément bouleverser la mobilité dans le canton de Neuchâtel, mettant notamment fin au rebroussement de Chambrelien. Le corps électoral neuchâtelois en a avalisé le concept en 2016.

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