Les pompes et les turbines géantes de Nant de Drance tournent à plein régime
La production énergétique d’origine hydraulique sort gagnante en Suisse grâce à l’exploitation toujours plus intensive de la centrale construite entre les deux barrages valaisans d’Emosson, au-dessus de Finhaut. Les installations permettent en effet de pallier l’intermittence de l’éolien et du solaire.
Crédit image: Alpiq
La centrale enterrée a produit en 2025 plus de 1000 GWh d'électricité.
La force hydraulique reste l’un des atouts énergétiques les plus sûrs en Suisse romande, grâce à la centrale de pompage-turbinage enterrée de Nant de Drance, entre les deux barrages d’Emosson (VS). Les exploitants se réjouissent de la performance croissante de leurs installations ouvertes en 2023 après 14 ans d’un chantier titanesque. Ils contribuant ainsi à la stabilité de l’approvisionnement en électricité, tout en réalisant diverses mesures de protection de l’environnement.
Une société gérée en partenariat
Nant de Drance
est un mastodonte. Elle fonctionne en double mode pompage et turbinage, en
profitant des deux bassins d’accumulation d’Emosson, au-dessus du village de
Finhaut. La centrale peut ainsi stabiliser la production énergétique intermittente
de l’éolien et du solaire. La société est gérée en partenariat, avec une part
de fonds propres s’élevant au quart de son bilan.
19h par jour
Les six
turbines et les pompes géantes installées sous terre entre les deux barrages
ont produit plus de 1000 GWh l’an dernier pour 1284 GWh pompé. Elles
ont fonctionné en moyenne 19 h par jour avec une machine au moins. Soit une
accumulation de 20’600h de fonctionnement. Assez pour se profiler comme
régulateur de l’approvisionnement énergétique en Suisse.
Ruisseau élargi
L’activité
de production de la centrale s’étend aussi à diverses mesures de protection de
l’environnement. Si la centrale est invisible en surface, ses effets sur la biodiversité
et la préservation des écosystèmes est bien réel. L’an dernier, le lit du Trient,
qui coule dans la vallée en contrebas des deux barrages, a donc été élargi et
le vallon du Châtelard, à la frontière franco-suisse, réaménagé. A ce jour, ce
sont dix des quatorze mesures environnementales prévues par la construction de
la centrale qui ont pu être réalisées.