14:12 ECONOMIE

Economiesuisse s'attend à une croissance fragile en 2023

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Les perspectives de l'économie suisse continuent de s'assombrir. Dans ses dernières prévisions, l'association faîtière Economiesuisse ne s'attend toutefois pas à une récession en 2023 mais la situation énergétique demeure un grand point d'interrogation.

Nuages et incertitudes planent sur l'économie suisse pour l'année prochaine. Les éventuelles pénuries d'électricité et problèmes d'approvisionnement sont toujours les principales préoccupations actuelles.

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Les éventuelles pénuries d'électricité et les problèmes d'approvisionnement demeurent les principales préoccupations des économistes.

Selon Economiesuisse, le produit intérieur brut (PIB) s devrait augmenter de 0,6 % en termes réels l'année prochaine. «Il n'est certes pas exclu que nous tombions dans une récession technique pendant les mois d'hiver. Mais nous ne nous attendons pas à une croissance négative sur l'ensemble de l'année» a déclaré Rudolf Minsch, économiste en chef de l’association.

Récession technique et pénuries
Une récession technique signifie deux trimestres consécutifs de croissance négative. C'est surtout de la situation sur les prix de l'énergie ou de l'électricité que devrait dépendre l'évolution globale. «Une situation de pénurie d'électricité plane comme une épée de Damoclès sur l'évolution conjoncturelle» explique l'association.

Une telle situation entraînerait des «distorsions drastiques» et aurait probablement pour conséquence une récession en Suisse également. Plus de 20 % des entreprises n'ont plus de contrat de fourniture d'électricité pour l'année prochaine et seraient donc massivement touchées par une forte hausse des prix.

De grands risques à la baisse
Les grands risques à la baisse sont également la raison pour laquelle on ne s'attend qu'à une croissance fragile. L'association interroge également ses membres dans le cadre de ses prévisions conjoncturelles. Outre la crise énergétique, qui est le risque le plus souvent cité par les membres de l'association (27 %), l'inflation (20 %), un recul général de la demande (16 %) ou des problèmes persistants dans la chaîne d'approvisionnement (14 %) inquiètent les milieux économiques

Si l'inflation ne pouvait être maîtrisée qu'au moyen de mesures drastiques en matière de taux d'intérêt, la faible croissance s'en trouverait également étouffée, estime encore l’association. En outre, la croissance du marché mondial serait également menacée si l'inflation devait se poursuivre.

Selon Economiesuisse, des scénarios plus positifs contribuent aussi à une embellie. Une fin rapide du conflit ukrainien par exemple, une forte baisse des prix de l'énergie ou un retour plus rapide que prévu à la stabilité des prix auraient une influence très positive sur la croissance de l'économie mondiale et donc sur le développement de la Suisse.

Un scénario raisonnablement favorable
Dans le scénario de base de l'association pour 2023, la consommation privée et les investissements en biens d'équipement sont les piliers de la croissance, tandis que la construction, la consommation publique et le commerce extérieur devraient avoir une influence négative.

L'inflation ne devrait pas encore baisser de manière substantielle en 2023 et rester, avec environ 2,7 % en moyenne, au-dessus de la marge de fluctuation de la Banque nationale suisse (BNS). Elle se maintiendra encore à environ 2,5 % à la fin de2023. Outre la hausse des prix de l'électricité, ce sont surtout les salaires nominaux plus élevés, les prix plus élevés des prestations intermédiaires, les pénuries persistantes pour de nombreux biens ou la hausse des loyers qui y contribueraient.

L'association s'attend donc à ce que la BNS procède à de nouveaux relèvements des taux d'intérêt. Dans 10 jours, Rudolf Minsch s'attend à une augmentation de 50 points de base du taux directeur par la Banque nationale, ainsi qu'à une ou deux hausses supplémentaires l'année prochaine.

Le marché de l'emploi moins touché
Le marché du travail devrait continuer à relativement bien se porter. Selon les prévisions, le taux de chômage n'augmentera en moyenne annuelle que de 2,2 % cette année à 2,4 % l'année prochaine.

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